«Télématin»: Une chroniqueuse condamnée pour avoir employé illégalement une gouvernante

JUSTICE Lundi, Carinne Teyssandier a été condamnée à 5.000 euros d'amende et six mois de prison avec sursis...

20 Minutes avec AFP

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Carinne Teyssandier dans l'émission «Village Depart» de France 3, en 2013.
Carinne Teyssandier dans l'émission «Village Depart» de France 3, en 2013. — FTV

Six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende. C’est la peine infligée à l’animatrice de France Télévisions Carinne Teyssandier et à son mari lundi pour avoir employé illégalement pendant huit mois une gouvernante mauricienne.

La chroniqueuse culinaire de Télématin était jugée à Créteil ( Val-de-Marne) dans le cadre d’ une procédure de « plaider coupable ». Elle était poursuivie pour « emploi d’étranger sans titre de travail », « travail dissimulé par dissimulation de salarié » et « aide au séjour irrégulier d’un étranger en France ».

700 euros par mois

Le couple avait recruté cette gouvernante de 38 ans fin 2014, via une annonce passée dans un journal de l’île Maurice, et l’a employée chez lui à Villejuif (Val-de-Marne), de janvier à août 2015.

La gouvernante devait s’occuper de leur bébé, faire les courses et le ménage et était rémunérée 700 euros mensuels. La somme était intégralement versée en liquide. Officiellement, elle avait été embauchée comme « assistante opérationnelle » par la société de production de Carinne Teyssandier, pour un salaire de 1.300 euros.

« C’est tout sauf un dossier d’esclavagisme »

L’employée a expliqué avoir signé le contrat « sans le lire », une fois débarquée en France, alors qu’elle ne disposait que d’un visa touriste qui ne lui donnait pas le droit de travailler.

« On est dans un dossier d’esclavagisme moderne. […]La CRPC [procédure de "plaider coupable", accordée par le parquet] dans ce type de dossier, je trouve ça scandaleux », a cinglé l’avocate de la plaignante, en assurant que sa cliente travaillait « 13 heures par jour » au lieu des 20 heures hebdomadaires prévues dans le contrat.

Le parquet n’a pas retenu d’infraction reflétant la soumission à des conditions de travail ou d’hébergement indignes.

« C’est tout sauf un dossier d’esclavagisme », a rétorqué Denis Jacquin, l’un des avocats du couple, en contestant les horaires travaillés et en évoquant les « cadeaux », tels qu’un ordinateur et une guitare, et les « largesses » des employeurs.

« On n’a jamais eu l’intention de lui nuire, de l’exploiter », a juré Carinne Teyssandier. En marge de l’audience, elle a assuré qu’elle traitait sa gouvernante « comme une membre de la famille ». Elle a aussi déclaré avoir tenté de faire régulariser sa situation. Mais elle a admis son « laxisme » : « elle était chez moi, elle n’avait pas de papiers, je ne peux pas le contester. »

L’ex-gouvernante réclame désormais des indemnisations financières « d’environ 40.000 euros » devant les prud’hommes. L’audience est fixée au 26 septembre.