«Une ambition intime»: On a vu l'émission politique de Karine Le Marchand

AVANT-PREMIERE Pour M6, l'animatrice a glané les confessions de Nicolas Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et autres candidats à la présidentielle...

Fabien Randanne

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Karine Le Marchand anime «Une ambition intime» sur M6.
Karine Le Marchand anime «Une ambition intime» sur M6. — PIERRE OLIVIER/M6

« Je vous appelle Monsieur le président ou Nicolas ? » Le ton est donné. Karine Le Marchand choisit finalement de s’adresser à Sarkozy par son prénom. C’est ce que l’on verra bientôt (la date de première diffusion n’a pas encore été dévoilée) dans Une ambition intime, sur M6. Ce nouveau rendez-vous « ne doit pas se substituer aux émissions politiques », prévient l’animatrice de L’Amour est dans le pré qui glanera les confidences des candidats à la présidentielle.

Au cours de chaque soirée de diffusion, plusieurs portraits d'hommes ou de femmes politiques, d'une durée de 25 à 30 minutes chacun, se succèderont. Dans un décor d’appartement cosy, différent pour chacun, les invités parleront beaucoup moins de leur programme électoral que de leur vie personnelle.

Bruno Le Maire fan des « Tuches »

Le résultat, dont un aperçu a été présenté à la presse ce jeudi, est surprenant, rafraîchissant, voir même passionnant. Les politiques, qui font partie des meubles à force de monopoliser le petit écran, se montrent sous un nouveau jour, c’est-à-dire plus détendus et prêts à laisser tomber l’armure de la com'. Et il est assez troublant de les voir jouer le jeu à ce point.

Certaines séquences, anecdotiques, feront forcément parler, comme la déclaration d’amour de Bruno Le Maire à la comédie Les Tuches ou Marine Le Pen confessant son goût pour les fars bretons aux pommes caramélisées avant de rétablir la vérité sur sa réputation de nightclubbeuse…

Mais l’émission s’annonce surtout riche en anecdotes croustillantes sur les coulisses de l’arène politique. Nicolas Sarkozy avoue ainsi ses rendez-vous avec Bernadette Chirac en cachette de Jacques Chirac qui lui interdisait de le voir. Bruno Le Maire, lui, raconte sa désillusion lorsque le portefeuille de ministre de l’Economie promis par Nicolas Sarkozy un après-midi s’est envolé avec un coup de fil de François Fillon quelques heures plus tard… « C’est la meilleure leçon politique qu’on m’ait donnée », explique le candidat à la primaire de la droite et du centre. Et l’une des raisons qui l’ont amené à se lancer dans la course à l’Elysée.

« C’est un événement de me montrer avec un enfant dans les bras ? »

A l’usure – chaque enregistrement dure entre trois et cinq heures (!) – et surtout avec son sens de la répartie et sa fausse candeur, Karine Le Marchand amène ses interlocuteurs à se livrer. L’intimité dont il est question dans le titre se retrouve à l’écran. François Bayrou évoque ainsi sa douleur de papa au sujet de l’anorexie dont a souffert sa fille. Nicolas Sarkozy, lui, se dit « soulagé » de ne pas avoir été élevé par son père « un peu brusque ». Jean-Luc Mélenchon est de son côté titillé sur sa fibre de papy gâteau.

« Qu’est-ce que ça apporte à la compréhension d’un homme ? Vous pensez que c’est un événement de me montrer avec un enfant dans les bras alors que les gens m’imaginent comme une brute primaire ? », demande le cofondateur du Front de gauche, sans doute l’un des plus conscients de ce que recouvre l’exercice en termes d’image. Oui, lui répond Karine Le Marchand qui assume pleinement d’aborder avec bienveillance et sur un pied d’égalité ces personnalités parfois controversées. « Je crois que diaboliser certaines personnes leur confère de la puissance », appuie l’animatrice. Elle parle de Marine Le Pen : « Est-ce qu’elle a sa place dans une émission faisant les portraits des présidentiables ? Oui. Dois-je la traiter comme les autres ? Evidemment. »

« François Hollande nous trimballe depuis huit mois »

Une ambition intime ne manquera pas d’être décriée par les allergiques au mélange des genres. Une nouvelle brique à l’édification de la pipolisation politique ? « Le people ne serait-ce pas plutôt les photos en maillot de bain ou les photos volées en une des magazines ? », rétorque Karine Le Marchand. Une nouvelle étape dans la désacralisation du politique ? « Dire qu’on est "un président normal", n’est-ce pas désacraliser la fonction ? Avec les buzzs, les offs et les petites phrases, les hommes politiques sont-ils vraiment sacralisés ? », s’interroge l’animatrice.

Pour l’heure, huit émissions sont en boîte : celles de François Bayrou, François Fillon, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et Nicolas Sarkozy. Un tournage avec Cécile Duflot est programmé dans les prochains jours. Et François Hollande dans tout ça ? « Depuis, huit mois, il nous trimballe. Je pense que je ne le ferai pas. Ce n’est pas forcément lui qui ne veut pas, mais son entourage est très compliqué, voire méprisant », déplore Karine Le Marchand.