Nicolas Sarkozy aurait fait pression sur Patrick de Carolis pour qu'il vire Laurent Ruquier et Patrick Sébastien

MEDIAS Ce mercredi, à la veille de la sortie d’un livre dans lequel il raconte son mandat à la tête de France Télévisions, Patrick de Carolis se confie au « Parisien »…

F.R.

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Patrick de Carolis au festival La Forêt des livres, à Chanceau-près-Loche (Indre-et-Loire), le 28 août 2011.
Patrick de Carolis au festival La Forêt des livres, à Chanceau-près-Loche (Indre-et-Loire), le 28 août 2011. — ALAIN JOCARD / AFP

Il sort du silence et ça fait du bruit. Patrick de Carolis, ex-président de France Télévisions, s’exprime dans Le Parisien, ce mercredi. Il évoque notamment les accusations qui lui valent un procès pour favoritisme dans l’un des volets de l’affaire Bygmalion.

« Je ne me voyais pas cavaler de plateau de télé en plateau de télé pour dire ma vérité. Il ne sert à rien de porter la voix quand les vents sont contraires », confie celui qui n’a pas répondu aux accusations dès que l’affaire a éclaté. Il a préféré prendre le temps d’écrire un livre, Les Ailes intérieures (éd. Plon) qui paraîtra ce jeudi, pour exprimer sa version. « Cela fait deux ans que je déguste, que je ne travaille plus dans les médias [il est actuellement directeur du musée Marmottan Monet à Paris] à cause de ces soupçons », déplore Patrick de Carolis.

Celui qui a été à la tête de la télévision publique entre 2005 et 2010 et est soupçonné d’avoir favorisé Bygmalion, société créée par son ancien directeur de la communication, « maintien [t] que les contrats signés étaient excellents ». « Mais je ne peux pas laisser dire que c’est moi qui les ai signés [ils l’ont été par Camille Pascal, alors secrétaire général de France Télévisions]. Et puis je ne comprends pas pourquoi l’équipe qui a pris ma suite à la direction de France Télévisions n’est pas inquiétée alors qu’elle a signé les mêmes contrats », se défend-il.

« Patrice Duhamel m’avait proposé sa démission »

Toujours dans les colonnes du Parisien, Patrick de Carolis évoque les relations tendues qu’il entretenait avec le président de la République d’alors, Nicolas Sarkozy. Ce dernier lui aurait proposé de le reconduire à son poste s’il acceptait de se séparer de figures des chaînes publiques telles que Patrice Duhamel, Arlette Chabot et Franz-Olivier Giesbert, et même d’animateurs de divertissements comme Patrick Sébastien et Laurent Ruquier.

« Patrice Duhamel était au courant, il m’a proposé sa démission, confirme Patrick de Carolis. J’ai refusé parce que, humainement, ce n’est pas comme ça que je gère ma vie. (…) On ne bâtit pas l’avenir en laissant tomber ses collaborateurs. (…) Je préférais ne pas être réélu [à la direction de France Télévisions] que l’être par bassesse. »