«Quantico» sur M6: «Personne n'aurait imaginé une actrice indienne dans le rôle principal», explique Priyanka Chopra

SÉRIE TV Succès de la saison aux Etats-Unis, la série « Quantico » démarre ce mardi soir sur M6 et révèle l’actrice indienne Priyanka Chopra…

Propos recueillis par Vincent Julé

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Priyanka Chopra est Alex Parrish, l'héroïne de la série «Quantico»
Priyanka Chopra est Alex Parrish, l'héroïne de la série «Quantico» — ABC STUDIOS

A 18 ans, elle devient Miss Monde. A 33, le célèbre magazine Time la nomme parmi les 100 personnes les plus influentes du monde (toujours). Entre temps, Priyanka Chopra est devenue une star à Bollywood, mais est restée méconnue ailleurs, en France. Jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à Quantico. Considérée comme l'un des plus gros succès de l'année télé américaine, déjà renouvelée pour une saison 2, la série débarque ce mardi à 21h sur M6.

Priyanka y est Alex Parrish, jeune recrue du FBI, en formation à Quantico, et bientôt accusée d'avoir commis l'attaque terroriste la plus meurtière sur le sol américain depuis le 11 Septembre. La série est un plaisir coupable (comme si Shonda Rhimes revisitait 24 Heures chrono), l'actrice, une révélation et la confirmation que les choses bougent (dans le bon sens) sur le petit écran.

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Comment une actrice indienne inconnue aux Etats-Unis s’est-elle retrouvée tête d’affiche d’une des séries-évènements de la saison ?

C’est une histoire marrante. J’étais à Los Angeles pour enregistrer de la musique, et j’ai rencontré Keli Lee, une directrice de casting, à une soirée. Alors que je lui disais à quel point la télévision et les séries américaines connaissaient leur âge d’or, elle m’a demandé si j’étais partante pour une. Mais c’est un tel investissement, sur le long terme, sur plusieurs années, et j’ai ma carrière à Bollywood. Elle est tout devenue en Inde pour me parler d’un deal avec ABC : ils te signent et te trouvent la série. J’étais sur la défensive, mais curieuse. J’ai ainsi lu pas moins de 26 scénarios, et j’en ai retenu, aimé trois : Quantico, mon préféré, un autre qui vient d’être annulé [elle n’en dira pas plus] et un dernier qui n’a même pas vu le jour. J’ai donc choisi le bon. (rires)

Pourquoi Quantico a eu votre préférence, qu’est-ce qui a fait la différence ?

C’est tout simplement une série que je voulais voir. En tant que spectatrice. Et j’ai immédiatement adoré le personnage d’Alex Parrish, elle est la définition même d’une femme moderne, d’une femme et d’une féministe. Ce n’est pas un gros mot, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire aujourd’hui : nous ne détestons pas les hommes, nous ne voulons pas les « punir », mais les femmes se sont vu imposer depuis trop longtemps ce qu’elles doivent porter, dire, comment elles doivent être, penser. Jugez-nous juste par notre capacité à « faire le job », donnez-nous la liberté de choisir. C’est ce que j’aime chez Alex, elle défend ces valeurs, elle traite les garçons comme ils traitent eux-mêmes habituellement les femmes : « C’est ça, cause toujours ». Elle est très moderne.

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Quantico est une série sur le terrorisme, un sujet difficile, d’actualité…

Le terrorisme est devenu une réalité de notre monde, non seulement en France, aux Etats-Unis, en Inde, mais également dans des pays, des endroits dont on parle malheureusement moins. Il n’y a rien de plus lâche que d’utiliser la peur pour imposer sa croyance, sa pensée. Mais Quantico n’est pas une exploitation du terrorisme, elle repose sur l’humain, les relations, les secrets, les désirs… Différents personnages, différentes perspectives et des stéréotypes auxquels on tord le cou. Personne n’aurait imaginé une star de Bollywood dans le rôle d’Alex, et pourtant je suis là. Car je suis une actrice.

Connaissiez-vous l’identité du terroriste depuis le début, et, en fait, compreniez-vous bien ce qu’il se passait à chaque épisode ?

Je n’ai su qui était le terroriste qu’à l’épisode 21, l’avant-dernier. Personne ne savait, et de toute façon, je ne voulais pas savoir. Je voulais l’apprendre en même temps qu’Alex. Après, c’est vrai, il y a plusieurs moments où je me disais « mais attends, il se passe quoi là ? ». Et je fais partie du show, donc je me mets à la place du spectateur. (rires) C’est ce que j’aime aussi avec Quantico, c’est un enchaînement de cliffhangers, d’indices, de fausses pistes, de quoi se prendre la tête et être surpris.

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Vous avez comparé Alex à Jason Bourne, et aussi confié que vous préféreriez jouer James Bond lui-même qu’une James Bond Girl. Vous cherchez à nous dire quelque chose ?

Je n’ai pas réussi à trouver de personnage féminin de film ou de série qui ressemblait à Alex. [Sidney Bristow de la série Alias ?] L’héroïne interprétée par Jennifer Garner était un peu plus cassée, émotionnellement parlant. C’est pourquoi j’ai mentionné Jason Bourne, Alex est pareil, elle est sombre, profonde, et veut sauver le monde. Pour James Bond, c’était une blague. Un peu. Je pense que le monde n’est pas encore prêt pour une femme Bond, mais à une époque où nous avons de plus en plus de très bons personnages féminins, ce serait très cool. Que ce soit ou une autre d’ailleurs. La première qui devient Bond, je me lève et crie « Yes ! ». Que ce soit le meilleur ou la meilleure qui décroche le rôle, et que ce ne soit plus une question de sexe, de couleur, d’origine, etc.

Quantico a été décrite comme un mix de Homeland et de Grey’s Anatomy, êtes-vous d’accord ?

C’est de ma faute, c’est moi qui l’ait dit. (rires) Lors d’une de mes premières interviews, je crois que j’ai même sorti le titre Grey’s Academy. Mais c’est tout de même vrai, il y a le terroriste à la Homeland d’un côté, et la formation, les relations, les amitiés comme dans Grey’s Anatomy de l’autre.

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Blindspot et Quantico sont deux des succès de la saison télé écoulée, et toutes les deux ont une femme pour héroïne. Pensez-vous participer à un mouvement, une (r)évolution ?

Il y a bien une révolution, du moins à la télévision avec aussi une femme, une créatrice, une pionnière comme Shonda Rhimes. Je suis fan de son travail, de Grey’s Antomy, de Scandal, etc. C’est du côté du cinéma qu’il y a encore des efforts à faire, des murs à pousser. [Priyanka Chopra jouera ainsi une méchante face à The Rock dans Alerte à Malibu, le film adapté de la série cuculte des années 90].