Pourquoi vous allez être obsédés par la série de HBO, «The Night Of»?

SERIE Le nouveau thriller judiciaire de HBO, «The Night Of», diffusé en France sur OCS City, va vous tenir en haleine tout l’été…

Anne Demoulin

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John Turturro et Riz Ahmed dans «The Night Of».
John Turturro et Riz Ahmed dans «The Night Of». — HBO

Cette nuit où tout bascule. OCS City diffuse ce lundi à 20h40 le premier épisode d’une minisérie en huit épisodes de HBO, The Night Of. Le remake de la série d’anthologie britannique Criminal Justice, qui suit chaque saison, étape après étape, une affaire criminelle de la nuit du crime (« the night of the crime » en anglais, d’où le titre de la minisérie) jusqu’au procès. Notre verdict sur ce thriller judiciaire.

Une équipe de choc

Sur le papier, The Night Of a déjà tout pour plaire. Aux manettes de la nouvelle série de HBO, une équipe de choc : Steven Zaillian et Richard Price. Le premier a reçu l’Oscar du meilleur scénario adapté pour La Liste de Schindler en 1994. On lui doit aussi (entre autres) le scénario de Gangs of New York, d’American Ganster et du Millenium (celui de David Fincher). Le second est un auteur de polars, et un des anciens scénaristes de l’adulée The Wire.

James Gandolfini, l’inoubliable TonySoprano, apparaît ici crédité en tant que producteur exécutif. Il avait accepté de camper le rôle-titre après avoir lu le script du pilote. A la suite de son décès survenu après le tournage du premier épisode en 2013, il faudra deux ans à HBO pour relancer le tournage.

Après que Robert de Niro a décliné l’offre pour des questions d’emploi du temps, John Turturro, l’emblématique Jesus Quintana de The Big Lebowski, a pris le relais.

On ne boude pas le plaisir de retrouver dans le casting de The Night Of, Michael Kenneth Williams, le fascinant Omar Little de The Wire.

Un pitch efficace

New York, 24 octobre 2014. Nazir (Riz Ahmed, repéré dans Nightcrawler avec Jake Gyllenhaal, et prochainement à l’affiche de Bourne et Star Wars Rogue One), étudiant modèle d’origine pakistanaise, a la mauvaise idée de taxer le taxi paternel, sans sa permission, pour se rendre à une fête chez des amis.

Sa rencontre avec une jeune inconnue, aussi charmante qu’autodestructrice, modifie ses plans. Shots, rails de coke, et partie de jambes en l’air, le jeune homme se fait dévergonder.

Very bad trip au réveil, Nazir trouve la jeune femme, baignant dans son sang, lacérée de 22 coups de couteau. Il ne se souvient de rien, panique, et prend la fuite d’une scène de crime où tout l’accuse.

Inculpé de meurtre, il se retrouve pris au piège dans la machine infernale du système judiciaire américain. Jack Stone, avocat à la petite semaine, débraillé, aux pieds bouffés par l’eczéma à première vue, tenace et doté d’un sacré sens de la répartie à y regarder de plus près, va accepter de le défendre.

Un traitement impeccable

Un pitch efficace, mais somme toute banal pour un thriller judiciaire. L’intérêt de The Night Of est ailleurs, dans son traitement. Le récit emprunte au true crime, ces documentaires très en vogue autour d’affaires judiciaires que sont Making A Murderer sur Netflix, de The Jinx : Life and Deaths of Robert Durst sur HBO, O.J. : Made In America sur ESPN ou au podcast Serial. Steven Zaillian, qui a également réalisé la quasi-totalité des épisodes, ne cache pas s’être inspiré de la série documentaire française Soupçons de Jean-Xavier de Lestrade.

L’arrestation et l’interrogatoire de Nazir sont filmés quasiment en temps réel. L’exposition des faits est minutieuse, lente, détaillée et sobre. La composition de l’image est léchée, très stylisée. A la précision du récit documentaire s’adjoint l’esthétique de l’image de fiction. A l’humanité de la tragédie, la mécanique implacable de la machine judiciaire. A l’écran, The Night Of surpasse son aînée de la BBC. De quoi nous réconcilier avec HBO, après la déception de la saison 2 de True Detective et l’annulation de Vinyl.