Jean-Luc Lemoine sur le plateau du jeu
Jean-Luc Lemoine sur le plateau du jeu — Jean-Philippe PARIENTE/D8

INTERVIEW

«Guess My Age»: «Ruquier m'a appris la rigueur et Hanouna le lâcher prise», confie Jean-Luc Lemoine

L’humoriste et chroniqueur de « Touche pas à mon poste », qui anime dès ce lundi un nouveau jeu sur D8, évoque différents âges de sa vie pour « 20 Minutes »…

D8 lance ce lundi, à 17h15, un nouveau jeu, Guess My Age. Les anglophones l’auront compris avec le titre : l’objectif du duo de candidats en lice chaque après-midi est de deviner, grâce à quelques indices, l’âge de la personne qui leur fait face. Une mission qui demande de la perspicacité et exige de ne pas se laisser duper par les apparences… sinon, c’est la cagnotte qui va trinquer ! Jean-Luc Lemoine retrouve pour l’occasion le costume d’animateur. L’humoriste, membre de la bande de Cyril Hanouna dans Touche pas à mon poste, évoque pour 20 Minutes quelques uns des âges marquants de sa vie.

  • 17 ans. Première expérience sur scène dans le spectacle de son lycée à Longjumeau (Essonne).

A ce jeune âge, vous n’aviez déjà aucune inhibition, aucun stress à l’idée de faire face à un public ?

Oh que si ! J’en avais gardé un souvenir ému mais quelqu’un a eu la gentille idée de ressortir la vidéo il y a quelques temps et je me suis rendu compte combien j’étais gauche, avec l’air emprunté. Mais pour moi, ça a été une révolution à l’époque parce que j’étais quelqu’un de très discret au lycée et mes camarades ont vu que j’étais là, que j’existais.

  • 23 ans. Première apparition à la télévision, sur la chaîne locale Téléssone.

Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

J’étais en stage à Téléssonne et j’ai fait comprendre que j’avais envie de faire un programme court. C’était vraiment embryonnaire. Avec deux camarades, on a donc lancé Soyez malins comme des boudins, une série humoristique pour laquelle on n’était pas payé. La chaîne nous donnait des moyens mais cela restait artisanal, on tournait avec un caméscope. Je suis assez jaloux de la génération actuelle, des youtubeurs, qui peuvent faire des trucs magnifiques, avec des effets spéciaux.

  • 25 ans. Première expérience à la radio, à la présentation de Top Has Been, sur Ado FM.

La présentation est un exercice dans lequel vous êtes à l’aise ?

J’y suis allé un peu par hasard. On était une bande et on faisait de la radio libre comme dans les années 1980, mais une quinzaine d’années plus tard (c’était en 1995). Les auditeurs doivent en garder un souvenir d’émission très alcoolisée. On devait tenir l’antenne de 22 h à minuit, mais on débordait généralement jusqu’à 3 h du matin. A partir de 1h on avait du mal à faire des phrases. Un peu plus tard, on m’a proposé d’avoir une émission à moi, Joyeux Mérou, du nom du restaurant dont j’étais censé être le patron. Je travaillais avec deux filles, dont l’une n’était autre qu’Elisabeth Buffet (qui se lancera plus tard, avec succès, dans le one-woman-show).

  • 30 ans. Il rejoint Laurent Ruquier sur Europe 1, le début de plusieurs collaborations avec l’animateur.

Qu’avez-vous appris au contact de Laurent Ruquier et que vous appliquez en tant qu’animateur ?

La rigueur et les vertus du travail. Je me reconnais dans le parcours de Laurent. Tout ce qu’il a obtenu, c’est à force de travail, on ne lui a rien donné. Il est très méritant. Il m’a obligé à être curieux de tout. Je n’étais par exemple pas forcément branché info. Il m’a aussi incité à être plus curieux des autres, à approcher des gens vers lesquels je ne serais pas forcément allé en temps normal.

  • 40 ans. Il anime Le Bureau des plaintes sur France 2 qui n’obtient pas le succès escompté.

Cet échec a-t-il laissé des traces ?

Oui et non. J’ai trouvé ce qui a été dit sur l’émission un peu injuste. On réalisait 10 % de parts de marché en deuxième partie de soirée, ce n’est pas un succès, mais ce n’est pas un bide non plus. Mais cela a été présenté comme tel. Je me suis rendu compte de la réalité du métier de la télévision. Pendant des années, j’étais moins exposé, en deuxième ligne derrière Laurent (Ruquier), et je me suis rendu compte que lorsqu’on est en première ligne, on prend tous les coups. J’ai beaucoup appris. Je me suis dit que si je continuais à faire de la télé, ce serait comme je l’avais fait auparavant. Parce que je n’étais pas obsédé par l’idée d’avoir ma propre émission. Quand Cyril [Hanouna] m’a proposé de rejoindre sa bande de Touche pas à mon poste [alors diffusé sur France 4], certains m’ont dit : « Tu ne peux pas passer d’un poste d’animateur sur France 2 à celui de chroniqueur sur France 4. » Mais je n’avais aucun souci d’orgueil par rapport à ça. J’y suis allé et je ne le regrette absolument pas.

  • 41 ans. Il rejoint Touche pas à mon poste, sur France 4.

Qu’avez-vous appris à l’école Hanouna ?

Le lâcher prise. Avec Cyril, je me suis rendu compte que rien n’est grave. J’essayais de tout cadrer mais il m’a fait comprendre qu’on a le droit de déraper, de rater, que cela fait des moments de télé.

  • 46 ans. Il présente Guess My Age, cet été, en quotidienne sur D8.

Qu’est-ce qui vous a convaincu d’animer ce jeu que vous ne vouliez pas faire au départ ?

Je n’étais pas spécialement chaud pour être animateur de jeu. Je redoutais que ça ne me colle une étiquette et puis je trouvais le concept léger. Mais ils m’ont fait jouer et j’ai pris conscience de la force du concept en me demandant pourquoi personne n’y avait pensé avant.

Qu’avez-vous de prévu pour les mois à venir ?

J’ai tourné pas mal avec mon one-man-show et je vais repartir pour une saison de tournée dans toute la France avec un passage à La Cigale, à Paris, les 5 et 6 novembre. Je continue aussi TPMP, avec la rubrique des 4/3 qui devrait être plus régulière. Et puis j’ai aussi un joli projet de film avec Cyril Hanouna et Camille Combal.