«Complément d'enquête»: Vincent Bolloré crie au reportage «bidonné»

MEDIAS Un numéro du magazine de France 2 diffusé en avril a énervé (euphémisme) l'homme d'affaires...

F.R.

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Vincent Bolloré inaugure un BlueBus, le 15 janvier 2016.
Vincent Bolloré inaugure un BlueBus, le 15 janvier 2016. — FRED TANNEAU / AFP

Vincent Bolloré n’a pas digéré que France 2 se penche sur ses activités en Afrique. Dans le cadre d’un reportage diffusé en avril, Complément d’enquête s’était rendu au Cameroun pour visiter une plantation de palmiers à huile gérée par la Socapalm, société appartenant en partie au groupe Bolloré. Les journalistes y ont recueilli les témoignages de deux travailleurs âgés de 14 et 16 ans, payés 1 euro par jour…

Le Canard enchaîné révèle ce mercredi que l’homme d’affaires a affirmé fin mai devant l’état-major d’Europe 1 qu’il avait « les preuves que le sujet de France 2 était bidonnée ». Ces « preuves » se trouveraient dans son téléphone portable, mais personne n’y a eu accès puisque Vincent Bolloré s’est contenté de brandir l’appareil sans en dévoiler le contenu.

Le 3 juin, c’est face aux actionnaires de son groupe que Vincent Bolloré a remis en cause le travail des journalistes. « Y a des huissiers qui sont partis sur place. (…) Le jeune qui avait soi-disant 14 ans, il a 20 ans et il a été payé pour dire qu’il [avait] 14 ans », aurait-il tonné, selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné.

L’huissier, les cameramen et les témoins

L’hebdomadaire révèle par ailleurs qu’après la diffusion du Complément d’enquête en question, le directeur de la plantation a été licencié. Un syndicaliste qui intervenait dans le reportage a également raconté au journal qu’en mai « un huissier local envoyé par les associés de Bolloré » a refait, avec deux cameramen, le parcours des journalistes dans la plantation, afin d’y interroger à nouveau les témoins.

« Le premier, de 14 ans, ils l’ont habillé, ils lui ont mis des gants et ils l’ont obligé à dire qu’il avait 20 ans. Le second, il devait dire qu’il avait 18 ans, mais, cette fois, la famille était avertie et elle a refusé », assure le syndicaliste.

L’équipe de Complément d’enquête, elle, assure disposer « d’autres témoignages filmés d’adolescents qui travaillent dans la palmeraie ». Il n’est pas dit que la colère de Vincent Bolloré soit près d’être apaisée.