Nazis français: Quand D8 se penche sur un tabou de l'histoire

HISTOIRE Ce dimanche à 21 heures, D8 diffuse « Histoire interdite : nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque », un magazine historique présenté par Guy Lagache…

Clio Weickert

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Image extraite de «Histoire interdite : nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque» sur D8
Image extraite de «Histoire interdite : nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque» sur D8 — Let’s Pix/D8

D8 brave les interdits. Ce dimanche soir à 21 heures, la chaîne diffuse Histoire interdite : nazis français, nazis allemands, de la fuite à la traque, un magazine historique présenté par Guy Lagache. Avec son équipe, le journaliste a remonté la trace de ces Français qui, lors de la Seconde Guerre mondiale, ont décidé d’eux-mêmes d’embrasser le drapeau du IIIe Reich, jusqu’à commettre les crimes les plus abjects. A l’inverse, le document met aussi en lumière ces hommes qui ont mis un point d’honneur à traquer ces nazis de l’Hexagone. Une énième émission sur les traîtres de la guerre et la Collaboration ? Pas vraiment, puisque D8 a décidé d’aller plus loin et de mettre en lumière une histoire oubliée des manuels scolaires.

La traque des nazis, dimanche 29 mai à 21 heures - Histoire Interdite - Bande-annonce

Des Français dans la Gestapo

Ce dimanche soir, vous n’entendrez pas parler du maréchal Pétain, ou encore de la mère Michel qui a dénoncé ses voisins. Dans ce nouveau numéro d’Histoire interdite, Guy Lagache focalise son attention sur ces Français qui ont de leur propre volonté, décidé de s’engager pour l’Allemagne nazie. Environ 30.000 hommes au total ont prêté allégeance à Hitler, intégrant la Gestapo ou la Waffen SS, à des degrés d’implication diverses. « Aujourd’hui les gens savent vaguement ce qu’est la collaboration militaire, c’est quelque chose qui a été oublié. Or à l’époque, les Français la connaissaient bien puisqu’il y avait de grandes campagnes de recrutement », a précisé à 20 Minutes l’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, spécialiste de la Collaboration, auteure notamment d’une biographie de Pétain* ( aux éditions Perrin), et qui a apporté son éclairage à D8.

Grâce à des images et des documents d’archives rares, dont des rapports de la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme), Guy Lagache et son équipe lèvent entre autres le voile sur ces hommes qui sont partis combattre sur le front de l’Est, et ont participé pour certains aux massacres de nombreux civils, femmes et enfants compris. Mais Histoire interdite porte également son regard sur ceux qui après guerre, se sont battus pour que justice règne. Des chasseurs de nazis qui ont fait de cette traque un combat, du célèbre Simon Wiesenthal au moins connu Pierre Fugain, grand nom de la Résistance mais aussi le père du chanteur Michel.

Pierre Fugain, chasseur de nazis (teaser) - Histoire Interdite : la traque des nazis, dimanche à 21 heures

Dans la peau d’un chasseur de nazis

Raconté par Pierre Lescure, ce documentaire prend à certains moments la forme du film d’espionnage, voire du thriller, en particulier lors des traques spectaculaires d’anciens nazis aux quatre coins de la planète. « L’émission s’est toujours penchée sur des tabous historiques », explique Guy Lagache, « mais il y a aussi une dimension épique, sans être sensationnaliste ».

Autre particularité, la mise en perspective. « Histoire interdite essaye de comprendre le pourquoi du comment », précise le journaliste. Pour cela, l’idée est de montrer l’envers du décor de ces traques, de se mettre dans la peau de ces hommes qui ont fait l’histoire, comprendre quels ont été les problèmes posés, les contraintes, les obstacles rencontrés, et les réponses apportées. L’histoire comme si on y était.

Un tabou français, une passion hexagonale

Un challenge pas forcément évident, d’autant que la période n’est pas des plus simple à traiter. « C’est un sujet tabou, qui s’arrête sur une zone d’ombre, une période dont on n’est pas toujours très fier », approuve Guy Lagache. Et une facette de l’histoire encore peu connue, qui n’a pas fini de se dévoiler. « Nous avons pour beaucoup des idées vagues et erronées », approuve Bénédicte Vergez-Chaignon, qui voit d’un bon œil que le sujet soit abordé à la télé. « C’est bien de donner la possibilité de se faire une idée plus précise. Et puis il y a un réel public, les Français aiment l’histoire. Ils la lisent, ils la regardent, et ce n’est pas seulement un passe-temps de retraités », plaisante-t-elle. D8, une chaîne plutôt tournée vers les jeunes, se détourne donc pour un temps des pitreries de TPMP, et en fait le pari.

 

*Bénédicte Vergez-Chaignon vient de publier chez Flammarion L’affaire Touvier. Les révélations des archives