VIDEO. Maïtena Biraben: Retour sur l'année en montagnes russes de la «warrior» de Canal+

MEDIAS Alors que l'animatrice du «Grand Journal» est en retrait du plateau depuis vendredi, « 20 Minutes » retrace les tempétueux mois que Maïtena Biraben vient de passer...

F.R.

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Maïtena Biraben sur le plateau du «Grand Journal».
Maïtena Biraben sur le plateau du «Grand Journal». — Maxime Bruno / Canal+

« Merci de vous inquiéter, petits pépins de santé. Rien d’autre ! Je me retape ! » Vendredi, Maïtena Biraben rassurait via Twitter ceux qui s’étonnaient de ne pas la voir aux commandes du Grand Journal.

Officiellement, l’animatrice est souffrante. Mais selon Pure Médias et le Huff Post, la raison de son absence serait liée à un fort désaccord entre la présentatrice et la production du talk-show. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? On peut le supposer tant Maïtena Biraben n’a pas été ménagée au cours de ces derniers mois. Retour sur une année en montagne russe.

  • Une rentrée de « warrior »

« [J’ai rencontré Vincent Bolloré] en tête à tête chez Vivendi. Il m’a dit ce qu’il dit à tout le monde, je crois : "Vous êtes un génie". Cela m’a fait plaisir, mais comme j’étais allée au rendez-vous avec mon cerveau, je sais que je n’en suis pas un. Ça m’a fait rire. » L’enthousiasme de Maïtena Biraben s’échappe des colonnes du Parisien, le lundi 7 septembre. Ce soir-là, elle s’apprête à succéder à Antoine de Caunes à la présentation du Grand Journal. « « Je me sentais prête à passer au niveau supérieur. Il était temps. Je le méritais », confiera-t-elle, quelques mois plus tard à Libération. Au cours de l’été le nouveau grand manitou du groupe Canal + a bousculé la grille de la chaîne cryptée, en commençant par licencier les auteurs des Guignols de l’info. Maïtena Biraben est d’autant plus attendue au tournant que certains la jugent responsable de ces changements décriés. « Je demande juste qu’on regarde notre travail et qu’on juge sur pièces », poursuit-elle dans Le Parisien tout en prévenant : « Je vais me bagarrer comme une warrior que je suis. »

  • Des débuts (déjà) difficiles

Les chiffres d’audience tombent. Le premier Grand Journal nouvelle formule a été suivi par 915.000 téléspectateurs, soit environ 200.000 de moins que l’émission de rentrée du talk show un an plus tôt. Et pourtant, Manuel Valls était l’invité principal. Le lendemain, la dégringolade continue… 769.000 téléspectateurs. Deux jours plus tard, le 10 septembre, l’émission enregistre sa pire audience depuis 2006 : 611.000 téléspectateurs. Au fil des mois, la tendance se confirme : le programme vitrine de la chaîne cryptée se fait devancer par ses concurrents, C à Vous (France 5) et Touche pas à mon poste (D8). L’hémorragie de téléspectateurs ne s’arrêtera pas là : le 21 janvier, seules 403.000 personnes ont écouté ce que l’invité, Albert Dupontel, avait à dire.

  • Maïtena trébuche sur « le discours de vérité du FN »

Jeudi 24 septembre, Maïtena Biraben reçoit l’avocat Eric Dupont-Moretti. Quand celui-ci exprime son désaccord avec le parti de Marine Le Pen, la chef d’orchestre du Grand Journal rebondit : « Et pourtant, les Français se reconnaissent dans ce discours de vérité qui est tenu par le Front national. » La polémique enfle immédiatement sur les réseaux sociaux et certaines personnalités ne se montrent pas davantage indulgentes. Eric Dupont-Moretti, contacté par 20 Minutes, prend la défense de l’animatrice : « C’est du direct. Qui peut penser que Maïtena Biraben pense qu’il s’agisse d’un discours de vérité ? (…) C’est débile de faire une polémique comme ça. » En prenant l’antenne le vendredi, l’animatrice s’explique, sans s’excuser : « Il était question de la forme pas du fond. J’aurais pu dire sans langue de bois ou cash. »

  • Règlement de comptes sur les ondes

Le 1er octobre, Maïtena Biraben s’exprime pour la première fois depuis ses débuts au Grand Journal, sur l’antenne de France Inter. « Vincent Bolloré ne m’a jamais appelée pour me demander quoi que ce soit dans cette émission, il n’a jamais appelé les producteurs. Il n’intervient pas dans l’éditorial », insiste-t-elle. Alors que les rumeurs de déprogrammation se font de plus en plus insistantes, elle compte bien les faire taire « Ils [la direction] feront bien ce qu’ils veulent. Moi, je fais une émission, j’y vais tous les soirs avec envie. Je suis désolée pour les peine-à-jouir mais on est content de le faire. » Une semaine plus tard, Vincent Bolloré l’adoube sur RTL : « Maïtena et l’équipe de Flab [qui produit l’émission] sont des gens que je soutiens parce que je pense qu’ils sont excellents et tous les gens [sic] sont en train de reconnaître que [Le Grand Journal] est une belle émission. »

  • Méthode Coué à plein régime

La « warrior », le retour. Dans les pages du Parisien Magazine, cette fois. « J’aime la bagarre. Je viens du Sud-Ouest, c’est mon côté mousquetaire ! », s’amuse-t-elle, fin novembre. Son mental ne semble pas fléchir et la méthode Coué fonctionne à plein régime : « [D’ici à la fin de l’année] Le Grand Journal va cartonner ! Je joue le match pour le gagner. Et dans un match, on compte les points à la fin. »

Dès la rentrée de janvier, Canal + décide de partager Le Grand journal en deux parties. La première, de 18h45 à 19h05, avec le journal de Victor Robert et l’interview menée par Maïtena Biraben, le seconde, de 19h10 à 20h05, davantage axée sur le divertissement. Une stratégie qui permet de dynamiser mathématiquement les audiences, mais n’obtient pas vraiment les effets escomptés. Les scores, depuis, restent bas, aux alentours de 400.000 téléspectateurs pour la première partie, et de 625.000 pour la deuxième.

En février, Isabelle Siri, productrice éditoriale de l’émission, est remplacée par Myriam Weil, rédactrice en chef du Grand 8 de D8. Il se murmure qu’Isabelle Siri était aussi proche de Maïtena Biraben que contestée par le reste de l’équipe du Grand Journal. L’animatrice n’a pas dû apprécier de voir l’une de ses amies se faire débarquer à trois mois de la fin de la saison. Autre petit coup dur : le fait que Le Grand Journal ne se déplace pas au Festival de Cannes cette année a été perçu comme un désaveu.

  • Un remplacement en vue ?

Début février, les bruits se font de plus en plus pressants quant à la future disparition du Grand Journal, dès la fin de la saison. Il se dit que Jean-Marc Morandini pourrait être parachuté dans cette case horaire. Maïtena Biraben préfère balayer tout ça auprès de Paris Match : « Cela m’inquiète sur l’avenir du journalisme. (…) La rumeur, c’est du vent. Si ça me touchait, je deviendrais folle. La vérité, c’est que je me sens à ma place. Je n’en ai jamais douté. »

« Elle a le dos large, mais on ne la ménage pas et c’est parfois dur à vivre », avance le cuisinier Yves Camdeborde à Libé. La pression retenue a-t-elle fini par exploser  lors d’un clash entre l’animatrice et l’équipe du Grand Journal à la fin de l’émission de jeudi ? « Elle dit ce qu’elle pense. Elle est sans filtre, que ce soit avec le patron ou avec la maquilleuse. Mais elle ne modère pas sa nature selon ses intérêts », décrivait, il y a deux mois l’un de ses proches, également dans Libé. Maïtena Biraben reconnaissait alors : « Je n’habille pas les choses, mais je sais m’excuser. » A moins que la warrior n’ait absolument rien à se reprocher dans cette histoire.