Finale de «Top Chef»: Xavier et Coline se mettent à table sans langue de bois

INTERVIEW Les deux finalistes du concours culinaires de M6 se confient avant la finale diffusée ce lundi soir...

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Xavier Pincemin et Coline Faulquier, finalistes de «Top Chef» saison 7.
Xavier Pincemin et Coline Faulquier, finalistes de «Top Chef» saison 7. — PIERRE OLIVIER/M6

Ils ont émincé, poêlé, rôti et sublimé les ingrédients pendant douze semaines. Et ils sont sortis indemnes des épreuves de la dernière chance… Coline Faulquier et Xavier Pincemin s’affronteront donc ce lundi, dès 20h55, sur M6, en finale de la septième saison de Top Chef. Les deux as des fourneaux se sont mis à table pour répondre aux questions des journalistes. 20 Minutes était de la partie…

Les fidèles de « Top Chef » découvriront ce lundi la grande finale du concours, qui a déjà été enregistrée. Comment aborde-t-on cette ultime épreuve ?

Coline : On a réfléchi à nos menus, mais on ne sait pas où a lieu l’épreuve, on ne sait pas comment sont faites les cuisines, on ne sait pas qui on aura dans notre équipe. On est dans l’inconnu. On a tous les postes à superviser, plusieurs assiettes à faire, avec une entrée, un plat, un dessert, pour cent personnes.

Xavier : On est en mode banquet, il faut aller à l’essentiel, que notre menu plaise le plus possible à cent personnes. C’est difficile. Ce ne sont pas des grands chefs qui mangent mais des gens lambdas, donc il faut les séduire par le goût, sans aller trop loin pour ne pas qu’ils soient perdus, et par le visuel. Il faut penser à tout et c’est beaucoup de stress. Rien ne se passe comme on l’avait imaginé. En plus, on est en équipe avec les autres candidats [éliminés lors des semaines précédentes], on les connaît mais on n’a jamais vraiment travaillé avec eux. Comme j’étais compétiteur, je n’avais pas vraiment lié d’amitiés avec tout le monde. Je n’avais qu’une inquiétude, que les gens sabotent mon travail ou qu’ils ne se donnent pas à 100 %.

Qu’est-ce que cela peut changer de remporter « Top Chef » ?

Coline : Ça change d’avoir le titre de « Top Chef », de faire le « duel des champions », de remporter le gain d’argent. Mais, concrètement, être finaliste de ce concours, c’est une image, et c’est à nous de l’utiliser pour que ça porte ses fruits.

Xavier : Gagner ne change pas grand-chose. Déjà, être finaliste, c’est une bonne chose. L’an passé, le gagnant [ Xavier Koenig, qui est chef de cuisine depuis début avril au Terrasses, à Guebwiller] n’a rien fait alors que l’autre finaliste [Kévin D’Andréa] a ouvert son restaurant.

Qu’avez-vous appris sur vous-mêmes en vous regardant à la télévision ?

Xavier : Je me suis trouvé très serein, ce dont je ne me rends pas forcément compte car j’ai beaucoup de doutes au fond de moi.

Coline : Je me suis reconnue sur plein de points. Je suis très spontanée, naturelle, dans le partage. Ce qui m’a surpris c’est que je ne pensais pas avoir un moral aussi fort.

Vous n’avez pas abordé la compétition de la même manière…

Xavier : Si je devais refaire le concours, je referais la même chose [il lui a été reproché d’avoir utilisé tout le jus d’orange disponible sur une épreuve et d’avoir caché une gousse de vanille sur une autre]. La vanille, tu ne l’as pas prise, tant pis, désolé pour toi ! C’est que le meilleur gagne. Top Chef, il faut le mériter. Le concours, c’est démerde-toi tout seul.

Coline : Je ne peux pas écraser les autres pour me sentir plus forte - je ne dis pas que Xavier fait ça, pas du tout ! Si je peux arriver au bout en aidant les gens qui m’entourent, je trouve que c’est encore plus beau. Ceci dit, je n’aurais pas forcément le même fair-play avec tous les candidats

Comment avez-vous fait face aux critiques des téléspectateurs ?

Xavier : Je me suis fait détruire dès le départ par rapport au jus d’orange. Après, je me suis dit : « Ça fait du buzz, tant mieux ». Pour la vanille, tout le monde m’a dit bravo. Sur Twitter, il y avait des [montages] photos de moi avec des orchidées de vanille et on me remerciait d’avoir éliminé Gabriel parce qu’il commençait à avoir la grosse tête. Maintenant, c’est beaucoup de bonheur parce que tout le monde m’encourage.

Coline : Je me suis fait descendre après l’épisode au Puy du Fou [dans le feu de l’action, elle avait eu des mots durs envers Joy-Astrid, une autre candidate]. J’ai reçu des courriers dans lesquels était écrit mot pour mot ce que j’avais dit à Joy-Astrid. J’avais envie de dire : « Putain, mais meuf, t’as que ça à faire ? » Une même femme m’a appelée trois fois, elle m’a laissé un message vocal disant : « C’est honteux, vous ne représentez pas le métier ». La quatrième fois, elle est tombée sur mon mari qui lui a répondu. Elle n’a pas rappelé (sourire).

Quels sont vos projets dans l’immédiat ?

Xavier : Je veux rester dans la haute cuisine, je ne veux pas m’éparpiller. J’ai été contacté par des marques pour de la pub, mais j’ai dit non parce que ça représentait mal mon travail. Je ne veux pas voir ma tête n’importe où. Il y a eu aussi des propositions plutôt sérieuses, que j’ai acceptées. Plus tard, j’aimerais devenir chef dans un restaurant et prendre des étoiles. C’est un rêve d’enfant.

Coline : Je ne suis plus chef à domicile. J’ai plein de projets avec mon mari dans la restauration. Le restaurant que j’ai ouvert en mars, La Pergola (Marseille 2e), est un projet starter parce que j’avais le local. Je pense que dans un an ou deux j’aurai un autre restaurant.

Si vous ne deviez retenir qu’une leçon apprise auprès des chefs, ce serait laquelle ?

Coline : Il faut aller à l’essentiel. Au début, j’étais dans la démonstration de ce que je pouvais faire, mais c’est quand j’ai appris ce que voulait dire aller à l’essentiel que j’ai sorti de beaux plats.

Xavier : Croire en soi et arrêter de faire les choses pour les autres. Cela ne sert à rien de se mettre la pression.