Canal+: Plusieurs journalistes figureraient sur la «liste noire» de Vincent Bolloré

MÉDIAS D’après un article du « Canard enchaîné » publié ce mercredi, Vincent Bolloré souhaiterait voir licenciées certaines personnalités des antennes…

F.R.

— 

Olivier Ravanello, journaliste de la rédaction d'iTélé.
Olivier Ravanello, journaliste de la rédaction d'iTélé. — Stéphane Grangier - iTélé - Groupe Canal+

Qui se fera zapper ? Ce mercredi, Le Canard enchaîné fait état d’une « liste noire » de personnalités du groupe Canal+ que Vincent Bolloré aimerait envoyer valser. L’homme d’affaires, qui a repris en main la chaîne cryptée et ses sœurs (D8, D17 et iTélé) souhaiterait voir partir au plus vite Patrick Menais qui, aux commandes du Zapping, occupe l’un des derniers espaces de subversion de Canal + en gardant intact son regard critique, même lorsqu’il est question de la direction ou des programmes de la chaîne cryptée.

Jean-Baptiste Rivoire, le rédacteur en chef de Spécial Investigation, serait lui aussi menacé depuis qu’il a balancé à Arrêts sur Images les propositions de sujets « sensibles » qui ont été retoquées, pour ne pas dire censurées, par Canal +. Mais le journaliste détient, depuis cet automne, un mandat syndical de délégué SNJ-CGT qui le protège. Selon l’hebdomadaire, c’est la directrice des ressources humaines qui a payé les pots cassés : elle a été licenciée il y a deux semaines, « coupable de ne pas avoir trouvé la parade pour le faire partir », avance Le Canard enchaîné. François Feuilly figure aussi dans la « liste noire ». En tant que déléguée syndicale + Libres, elle s’est distinguée lors des comités d’entreprise en tenant tête au président et au directeur général de Canal+.

Olivier Ravanello qualifié de « traître »

L’ex-auteur des Guignols de l’info, Bruno Gaccio, n’est pas davantage en odeur de sainteté. Celui qui s’occupe des cases fiction de Canal+ a été débarqué il y a quelques mois de La Grosse émission de Comédie+, dont la production a été confiée en décembre à Cyril Hanouna.

Olivier Ravanello, reporter d’iTélé qui a quant à lui signé une tribune dans Le Monde en appelant à la mise en place d’une charte éditoriale pour préserver la liberté d’expression des journalistes s’est mis la direction à dos. Celui qui, du fait de ses activités syndicales – il préside la Société des journalistes de Canal+ et iTélé –, n’était déjà pas forcément dans les petits papiers de Vincent Bolloré, aurait, selon l’hebdomadaire, été qualifié de « traître » par la direction qui l’a convoqué. Ambiance.