Elodie Yung, de «La Vie devant nous» à «Daredevil»

TELEVISION L'actrice française raconte comment elle est devenue Elektra dans la super-production de Netflix...  

Philippe Berry

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L'actrice Elodie Yung incarne Elektra dans la série «Daredevil».
L'actrice Elodie Yung incarne Elektra dans la série «Daredevil». — MARVEL/NETFLIX

Le culte du secret est tel chez Marvel qu’Elodie Yung ne savait même pas qu’elle passait un casting pour Daredevil. Mais l’actrice française, qui a démarré dans la série La Vie devant nous, en 2002, a tapé dans l’oeil d’Hollywood et endosse le costume d’Elektra dans la seconde saison des aventures de Matt Murdoch, diffusée ce vendredi sur Netflix.

« Le casting était top secret. J’ai envoyé une vidéo filmée dans une salle de boxe thaï où je m’entraînais. C’était deux scènes, très bien écrites, avec peu d’indications. J’y suis allée à l’instinct », raconte-t-elle à 20 Minutes. Ce n’est que lors des auditions finales, face à Charlie Cox, qu’elle comprend qu’il s’agit de Daredevil et d’Elektra, un personnage qu’elle connaissait peu. Yung précise avoir « auditionné pour la saison 1, sans succès ». « J’ai dû rester dans un coin de la tête des producteurs. »

De Londres à Hollywood

Au début des années 2000, Elodie Yung, née d’une mère française et d’un père d’origine cambodgienne, plaque ses études de droit à la Sorbonne pour une carrière de comédienne. Recalée au cours Florent, elle part dans une école à Londres. « Je n’avais aucune idée précise en tête, je voulais surtout vivre une expérience enrichissante à l’étranger », glisse-t-elle. Après un premier rôle de lycéenne dans la série pour ados La Vie devant nous, elle perce dans Mademoiselle Joubert puis surtout comme jeune policière dans Les Bleus.

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Au cinéma, sa performance physique dans Banlieue 13, qui sort dans quelques salles américaines, lui entrouvre les portes d’Hollywood. Elle enchaîne les castings jusqu’à décrocher un rôle dans le remake US de Millenium, The Girl with the Dragon Tattoo, de David Fincher. Dans G.I. Joe Conspiration, cette ceinture noire de karaté découpe ses ennemis au katana. Le rôle d’Elektra, un ninja assassin, était la suite logique.

« Le plus dur ? Jouer l’émotion à 3 heures du matin »

Pour sa première série américaine, elle a dû s’habituer « au rythme infernal ». « On tourne jusqu’à sept pages par jour, surtout la nuit pour Daredevil. Le plus dur, c’est de jouer l’émotion à 3 heures du matin. » Alors que sur les plateaux français, le réalisateur est roi, pas toujours facile de savoir à qui s’adresser aux Etats-Unis, avec des nouvelles têtes qui défilent à chaque épisode derrière la caméra. « Charlie [Cox] m’a beaucoup aidée. Les questions, on les pose aux scénaristes ou au showrunner », explique l’actrice.

Pour se glisser dans le costume d’Elektra, Yung a pu s’appuyer sur son expérience des arts martiaux. Elle révèle le secret de chorégraphies qui n’ont rien à envier à celles du cinéma : « Les acteurs tournent toutes les scènes d’action, et ensuite les doubleurs recommencent. Cela facilite la vie des monteurs, qui peuvent choisir le meilleur plan. »

La comédienne n’a pas obtenu le rôle uniquement pour ses coups de pied sautés. 80 % de ses scènes sont des dialogues avec Cox, alors qu’Elektra décoince Matt Murdoch et le force à explorer son côté sombre. « Elektra est une sociopathe qui se moque de tout et fait ce qu’elle veut. Je me suis tellement amusée avec ce personnage », plaisante Yung. Et l’accent français, souvent compliqué à masquer ? « On a utilisé un accent international sophistiqué car le personnage a beaucoup voyagé. J’ai travaillé avec une coach sur la phonétique et le placement de la langue. C’est comme le texte, il faut préparer en avance. Ça évite d’y penser pendant qu’on tourne. »