«Après moi le bonheur»: «Les enfants m’ont dit qu’ils avaient retrouvé leur maman», s'émeut Alexandra Lamy

INTERVIEW Ce lundi à 20 h 55 sur TF1, l’actrice tient le rôle principal du téléfilm adapté de la vie de Marie-Laure Picat, mère de quatre enfants décédée en 2009 des suites d’un cancer généralisé…

Propos recueillis par Clio Weickert

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Alexandra Lamy dans le téléfilm «Après moi le bonheur» sur TF1.
Alexandra Lamy dans le téléfilm «Après moi le bonheur» sur TF1. — © FRANÇOIS LEFEBVRE / CAPA DRAMA / TF1

Dans Après moi le bonheur, Alexandra Lamy incarne une mère de famille en fin de vie. Un téléfilm diffusé ce lundi à 20 h 55 sur TF1, adapté d’une histoire vraie : le destin tragique de Marie-Laure Picat. En 2009, cette mère de quatre enfants, est décédée des suites d’un cancer généralisé à l’âge de 37 ans. Durant des mois avant sa disparition, gravement malade, Marie-Laure Picat a dû se battre pour trouver une famille d’accueil pour ses deux petites filles et ses deux petits garçons.

A cette occasion, Alexandra Lamy a parlé à 20 Minutes de ce rôle poignant, où s’entrecroisent combativité, amour et un sens de l’humour désœuvrant.

Quelques mois après la série « Une chance de trop », adaptée du roman éponyme d’Harlan Coben, vous revenez sur TF1 avec ce téléfilm. Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

On me l’a proposé il y a très longtemps et j’avais dit oui tout de suite, car je trouvais que Claire Lemaréchal (la scénariste) avait fait un boulot formidable. Elle est très juste et ne sombre pas dans le pathos. J’ai eu un coup de foudre pour l’histoire, pour le scénario, et pour la force de Marie-Laure Picat.

Est-ce que vous vous êtes un peu retrouvée dans cette femme, à la fois battante et avec un sens de l’humour hors du commun ?

Oui, d’ailleurs je pense que c’est pour cela qu’on est venu me chercher aussi, pour amener un peu d’humour. Elle en avait beaucoup. Mais je n’ai pas essayé de lui ressembler car je ne voulais pas partir sur une imitation mal faite. J’ai juste regardé toutes ses interviews pour comprendre quels étaient ses traits de caractère, comment elle abordait la maladie, la mort et la manière dont elle en parlait à ses enfants.

N’avez-vous pas un peu eu peur de vous plonger dans une histoire si lourde ?

Evidemment, quand on parle « maman », « cancer », « enfants » et « mort », on se dit qu’il va falloir être costaud… Dans toutes les histoires que j’incarne, je donne un petit bout de moi, donc ça m’atteint forcément. Et puis vis-à-vis de Marie-Laure, de ses enfants, de ses amis, on a une espèce de responsabilité sur les épaules et je ne voulais surtout pas les trahir.

Justement, avez-vous rencontré ses enfants ?

Je ne voulais pas les rencontrer avant le tournage, le sujet est tellement lourd, je craignais que cela me rentre trop dans la tête et ça aurait été trop douloureux. Je préférais les voir après. Et c’est fabuleux, car les quatre enfants m’ont dit qu’ils avaient retrouvé leur maman. La petite fille, qui a dû voir le film environ quarante fois, avait finalement très peu de souvenirs d’elle. Il l'a aidé à comprendre ce qu’a fait sa mère, son combat.

Marie-Laure Picat a été confrontée à des obstacles administratifs…

La première fois qu’elle rencontre l’administration, elle comprend que c’est : « Crève, et après on s’occupe de tes enfants ». C’est dramatique car on veut toujours s’occuper de leur avenir, et c’est terrible de se dire qu’on ne sait pas ce qu’ils vont devenir. La situation est déjà douloureuse, elle devient alors complètement absurde ! Et ensuite on lui dit que la famille d’accueil qui est prête à prendre ses quatre enfants, ne possède pas l’agrément pour, donc il faut en enlever un ! Cela a créé des débats, et j’aimerais maintenant savoir si son combat a vraiment fait changer les choses.

C’est donc important pour vous de parler de ce genre d’histoires à la télévision ?

Quand on me l’a proposé, on m’a également suggéré de le monter au cinéma, et j’ai répondu : « Surtout pas » ! Je pense qu’il faut arrêter de faire des guerres de snobisme entre la télé et le cinéma car il y a des histoires qui marchent très bien à la TV, et moins au cinéma. Je ne dis pas qu’il ne faut plus faire de choses dramatiques sur grand écran bien sûr, juste que certains thèmes correspondent plus à un certain support et que parfois les gens rechignent à se déplacer pour ce genre de films au cinéma.

Avez-vous donc décidé de privilégier la télévision depuis quelque temps ?

Non, je privilégie les histoires. Même si ça va mieux, en France nous avons été un peu en retard avec la télévision, et on ne s’est pas donné les moyens de faire de belles choses. Or, les Anglo-Saxons ont depuis longtemps compris son importance, et la popularité qu’elle apporte. Et moi je veux rester une actrice populaire, parce que je fais ce métier pour le public. J’ai envie d’être vue et que les histoires que je raconte plaisent à un maximum de gens. Sinon, je reste toute seule chez moi. Après, l’important est de faire les bons choix et de choisir les belles histoires.