«The Island»: Femmes bavardes, hommes vantards... quand les clichés prennent l'eau (ou pas)

M6 Le docu-aventure «The Island», qui revient ce mardi pour une deuxième saison, va montrer la mission survie de quinze femmes et de quinze hommes...

Fabien Randanne
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Des participantes de la saison 2 de «The Island».
Des participantes de la saison 2 de «The Island». — Guillaume Mirand - M6

Ce mardi soir, The Island : Seuls au monde, revient pour une deuxième saison sur M6. Si, l’an passé, le casting de ce docu-aventure était exclusivement masculin, cette fois-ci, il est mixte. Pour cette opération de survie de 28 jours en milieu hostile, trente participants ont été sélectionnés. Quinze hommes sur une île et quinze femmes sur une autre. Et un océan de stéréotypes entre les deux ? Pas forcément, comme l’expliquent certains candidats que 20 Minutes a rencontrés.


  • Cliché 1 : Les femmes sont bavardes

Quand on doit survivre à quinze sur une île déserte sans être formé à ça, mieux vaut être porté sur la conversation. Dont acte. « Les femmes étaient plus dans l’organisation et l’émotionnel que les hommes, raconte Mike Horn, l’aventurier de l’extrême qui prodigue ses conseils au fil des épisodes. Par exemple, si l’une d’elles ne voulait pas entrer dans la jungle, elles en discutaient. » « On débriefait en permanence, confirme Louisa, camerawoman de 28 ans. Ce besoin constant de discuter est un cliché que l’on reproche aux filles, mais là, il nous a permis de nous organiser différemment. »

Cliché 2 : Les hommes jouent à celui qui a la plus grosse

Il est ici évidemment question de capacité physique. Mouline, 35 ans, l’un des gros bras de cette deuxième saison, éducateur spécialisé dans le civil, valide en souriant : « On jouait à celui qui allait porter le tronc d’arbre le plus lourd. On faisait des concours en cassant de grosses branches. » Mike Horn rigole moins : « Les hommes ont foncé dans la mangrove. Ils coupaient des lianes vingt fois, c’est débile. Faire des mouvements inutiles, ça consomme de précieuses calories ! » L’explorateur ne ménage pas vraiment les sensibilités masculines : « Nous, les mecs, on a tendance à vouloir montrer qu’on est plus fort que les autres, alors qu’on est plus con que les autres. »

  • Cliché 3 : Les femmes entre elles se crêpent le chignon et se tirent dans les pattes

« On me disait : "Quinze nanas entre elles ? Ça va être l’horreur !", confie Julieta, une médecin-urgentiste de 29 ans. En fait, ça s’est très bien passé, on était très solidaires. C’était impressionnant : on ne pouvait pas ouvrir une noix de coco sans la partager avec tout le monde. » Sa consœur Helene, commerçante de 36 ans, appuie : « On avait un vrai esprit de groupe. On se disait : "Si on avance, c’est toutes ensemble." » Un état d’esprit qu’a immédiatement ressenti Mike Horn : « Dès que je les ai menées vers leur île, elles ont formé une équipe. Pas physiquement, mais dans leur tête. » Le cliché sur la rivalité féminine boit la tasse.


Ne pas se crêper le chignon pour ne pas donner raison aux stéréotypes était l’un des running gags sur l’île des filles. Julieta concède qu’« il y a eu des prises de bec », mais nuance immédiatement : « Il y en a aussi eu chez les mecs ». « C’est normal, on ne se connaît pas, on n’est pas amies avant d’arriver et on a toutes des histoires très différentes. Il y a eu des affinités qui se sont créées, d’autres pas », analyse-t-elle.

  • Cliché 4 : Les hommes ont un ego gros comme ça

« On avait moins d’arrogance, avance Louisa. On n’est pas des warriors, on n’était pas là pour prouver notre force physique. » Est-ce à dire que leurs homologues masculins carburaient davantage à l’ego ? « L’état d’esprit est différent. Les hommes étaient dans la performance », commente simplement Matthieu Bayle, le directeur de l’unité des programmes externes de flux de M6. Mais dès le premier épisode, on voit que certains n’en mènent pas large et, après avoir passé trois jours sans manger, commencent à montrer leurs failles. Jean-François, policier municipal de 39 ans, indique que les egos surdimensionnés ont dû vite dégonfler : « Quand on ressort de là, on n’est plus le même. On peut voir un mec sûr de lui un jour craquer complètement le lendemain. »

  • Cliché 5 : Les femmes viennent de Vénus et les hommes viennent de Mars

Le best-seller de John Gray censé expliquer pourquoi hommes et femmes ne se comprennent pas peut retourner prendre la poussière sur une étagère. Les participants de The Island se rejoignent sur un autre cliché : le caractère borné et indocile des Français. Mike Horn, qui a briefé les participants avant leur départ en leur donnant des instructions pour se débrouiller au mieux une fois sur place, s’en agace gentiment : « Vous, les Français, vous n’écoutez pas les conseils. Vous savez mieux que les autres ce que vous avez à faire. Vous faites votre propre expérience et c’est seulement après que vous vous dites : "Ah oui, c’est vrai ! Mike avait dit que…" »