VIDEO. «Plus belle la vie»: Plus loin la polémique?

SÉRIE TV Après le plan à trois, l’inceste et maintenant le viol conjugal, « Plus belle la vie » chercherait-elle à faire parler d’elle à tout prix, douze ans après sa création…

Vincent Julé

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Michel Corde (Roland Marci) dans «Plus belle la vie».
Michel Corde (Roland Marci) dans «Plus belle la vie». — Philippe Leroux

« Qu’avez-vous pensé de la scène de viol conjugal diffusée hier soir ? Réponse A. J’ai été horrifié(e)/Réponse B. Coralie l’a cherché/Réponse C. Ce n’est pas un viol » Le tout avec un hashtag #ViolCoralie. Si le sondage posté sur Twitter voulait inviter au débat sur le dernier épisode de Plus belle la vie, il a surtout entraîné la colère des internautes, les excuses de France 3 et la tristesse des auteurs.

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Un plan à trois, un inceste, un baiser choquent les spectateurs

Au-delà de la « formulation inappropriée » et de l’erreur de communication, ce n’est pas la première fois que Plus belle la vie crée la polémique et fait les gros titres : « Une scène d’inceste choque les spectateurs », « Un plan à trois choque les spectateurs », « Un baiser entre une quadragénaire et un mineur choque les spectateurs », etc. Vous l’aurez compris, les spectateurs de Plus belle la vie sont souvent choqués, au point que l’on peut se demander si la série ne cherche pas à en faire sa marque de fabrique, et ainsi continuer à faire parler d’elle plus de dix ans après sa création.

« Pas du tout, répond du tac au tac Olivier Szulzynger, le scénariste en chef. Il n’y a pas de stratégie. Il faut bien comprendre que Plus belle la vie représente 12 ans d’existence, 1.200 heures de fiction et un créneau, à 20h20, de grande écoute. Le but est de raconter la France, avec un versant sympathique, et des histoires d’amitié et de tolérance, et un autre plus tendu, plus violent. Il y a 10 ans, nous montrions une agression homophobe sur Thomas, peut-être la chose la plus violente de l’histoire de la série. Et il y en a malheureusement toujours aujourd’hui. Nous ne cherchons pas faire le buzz, mais à suivre l’évolution de la société. »

« Nous voulons donner un écho, lancer des débats »

Le plan à trois sous poppers serait donc plus social que sulfureux. « Ce n’était même le premier plan à trois de la série, raconte l’auteur. Il y en avait déjà eu un avec Nathan, Florence et son mec Malo, un autre entre hommes… Le dernier en date était même le plus glauque, le plus "moral", puisque le personnage de Stéphane n’en avait pas vraiment envie. Le message était : ne faites pas tout et n’importe quoi. Or, il est le seul à faire polémique. Je suis tombé des nues. »

Pus belle la vie n’est pas la seule série française à aborder ces thèmes, mais elle reste la plus scrutée, commentée, de par son exposition quotidienne et familiale. « Nous voulons donner un écho, lancer des débats », rappelle Olivier Szulzynger. Mais il avoue, l’histoire d’amour, et d’inceste, entre Océane et Jonas est un petit plaisir coupable : « Après tant d’années, nous voulions aller dans le mélodrame, le pur soap, le roman feuilleton du XIXème siècle. » Pas sûr que tous les fans saisissent la subtilité, la référence.

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Si le CSA a été saisi plusieurs fois, il s’est souvent rangé du côté de la série (à part pour défaut de signalisation), comme pour l’épisode du joint « une séquence s’inscrivait dans un processus narratif permettant de souligner les effets négatifs du cannabis » pour le conseil, « une mission de service public » pour le producteur Hubert Besson et « un clin d’œil, un trait d’humour » pour Olivier Szulzynger.

Ce dernier se passerait d’ailleurs bien des polémiques médiatiques : « Honnêtement, elles sont impossibles à prévoir. Nous avons par exemple travaillé un arc très fort sur l’euthanasie, qui n’a pas fait de vagues. Notre difficulté est que Plus belle la vie est diffusée en Belgique et en Suisse avec une semaine d’avance sur la France, ce qui laisse le temps à certains sites de monter en épingle des petits buzz pour faire du clic. »

A une époque, la série faisait également parler d’elle non pas pour ses polémiques sociales mais pour ses élans fantastiques : de la sorcellerie, un fantôme, une possession… mais pas de zombie. « Cela fait longtemps que nous n’en avons pas fait et nous avons envie d’y retourner, tout en restant dans un réalisme magique, sans rompre le contrat tacite avec le spectateur », assure Olivier Szulzynger. Plus belle, plus réaliste, mais aussi plus fantastique la vie.