On a lu pour vous les mémoires de Rainn Wilson, l’inoubliable Dwight de «The Office»

SERIES Interprète du personnage culte de la non moins culte «The Office» (US), Rainn Wilson alias Dwight Schrute vient de publier un livre, généreux en anecdotes sur la série... 

Annabelle Laurent
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Rainn Wilson, huit ans dans la peau de Dwight Schrute pour The Office.
Rainn Wilson, huit ans dans la peau de Dwight Schrute pour The Office. — NBC

Dwight Schrute, ou le plus grand lèche-bottes que l’entreprise ait jamais inventé. Aux basques de Michael Scott, aux pieds d’Angela-la-terreur, en bisbille permanente avec Jim, comment oublier Dwight, ce fils de fermier fan de Battlestar Galactica - entre mille autres passions : la musique classique allemande, les arts martiaux, sa plantation de betteraves, ce nerd à jamais inadapté, crédule et premier degré, survivaliste et justicier à tendance fasciste ? Avouez qu’il vous manque.


Pendant huit ans (2005-2013), Rainn Wilson fut le meilleur interprète possible du (meilleur) vendeur de Dunder Mifflin. L’un des piliers de ce monument d’humour absurde qu’est The Office (US). L’acteur publie aujourd’hui ses « mémoires », à 50 ans : The Bassoon King : My Life in Art, Faith, and Idiocy est paru le 10 novembre aux Etats-Unis.

The Bassoon King, parce qu’adolescent, Rainn Wilson s’était mis en tête d’apprendre le basson, cet instrument « tellement absurde qu’il devrait être interdit ». Son adolescence entre le Nicaragua et les Etats-Unis, sa carrière d’acteur, la création de Soul Pancake, l’une des chaînes YouTube les plus populaires aux Etats-Unis, son divorce… Il est question de tout cela dans ses mémoires, mais aussi, bien sûr, de ses souvenirs de The Office. On a lu ça avec passion, et en voici quelques infos clés.

Dwight aurait pu être Michael Scott


L’admiration de Dwight pour Michael s’en est-elle nourrie ? Rainn Wilson avait auditionné pour les deux personnages. Il reconnaît volontiers qu’il s’est planté là où Steve Carell a brillé. « Pour Michael Scott, j’ai donné la pire audition du monde. C’était une mauvaise imitation de Ricky Gervais, en tirant beaucoup sur ma cravate et en roulant des yeux ». Il oublie ensuite la modestie et lance : « Je savais que le rôle de Dwight était pour moi. Je savais qu’aucun autre acteur d’Hollywood n’avait cette combinaison de nerd, d’absurde et de white trash ». Autre anecdote amusante quand on sait les personnalités antithétiques que sont Dwight et Jim (John Krasinski) : le casteur de NBC était persuadé que John Krasinski serait bon seulement pour le rôle de Dwight. John Krasinski a fini par le convaincre du contraire. Il serait Jim. A l’exception d’une scène mémorable :

Les ados ont sauvé « The Office »
Après avoir longuement argumenté contre tous ceux qui à l’époque, niaient au The Office américain le droit de concurrencer le The Office anglais (« En 2004, ne pas regarder la version américaine, c’était aussi snob que de dire « je n’ai pas la télé, ou je n’ai pas Facebook » aujourd’hui), Rainn Wilson raconte les débuts chaotiques de la série. On sait combien celle qui compte aujourd’hui parmi les séries les plus durables de l’histoire - avec 202 épisodes de 22 minutes soit 74 heures de programmes, avait mal commencé. Les audiences étaient catastrophiques, le patron d’NBC n’y croyait pas, « les gens nous haïssaient », rappelle Rainn Wilson. Puis le succès finit par arriver, enfin, en partie grâce… aux ados, qui s’avéraient être nombreux à les suivre. Pas vraiment le public auquel s’attendait l’équipe en proposant une histoire de trentenaires/quadras paumés et si peu glamour. « Beaucoup d’ados ont grandi en regardant la série, en commençant au lycée et en la finissant à la sortie de l’université. Notre série les a fait entrer dans l’âge adulte », s’émeut Rainn Wilson.

Le thème du générique devait être « Mr. Blue Sky »

On ne sait pas pour vous, mais pour l’auteure de cet article, le générique de The Office opère une sorte de magie. Quelques notes au piano sur des images de Scranton sous la neige, puis l’envolée vers les aigus du melodica sur Steve Carrell/la photocopieuse/la calculette/Dwight/le tipex, etc. Trente secondes et vous vous sentez à la fois tout chose et apaisé à l’idée des 22 minutes qui vous attendent. Le thème du générique aurait pu être tout autre, révèle Rainn Wilson. Better Things des Kinks et Float on de Modest Mouse avaient été évoqués. Greg Daniels [le créateur de la série] avait envoyé plusieurs liens à tout le cast, qui réclamait en chœur le joyeux Mr Blue Sky d’Electric Light Orchestra. Ils avaient bon goût. Mais la série LAX, avec Heather Locklear - « vouée à l’échec et lamentablement conçue », se permet d’ajouter Rainn Wilson - l’avait déjà utilisée. Va pour une compo maison, donc : celle d’une star des années 1970, Jay Ferguson. « C’était léger et entraînant, avec une petite touche de mélancolie. Ça donnait parfaitement le ton de la série. »
 


La vraie vie de bureau

Parkour.

Dunder Mifflin, ce temple de la lose où l’on fait des « PARKOUR ! » pour oublier la mocheté de la moquette. Il fallait qu’on y croie. Le premier jour de tournage, « tout le monde est arrivé sur le plateau dans la peau et les habits de son personnage, raconte Rainn Wilson. Ensuite, on a improvisé : on a vendu du papier, passé des appels, envoyé des fax. Ken [Swapis, réalisateur] voulait créer la banalité du travail. On avait cette routine pendant 30 minutes chaque matin où nous avons filmé le pilote ». Ensuite, la difficulté quotidienne du tournage venait du mockumentary, qui imposait aux acteurs d’être constamment dans le champ pour créer l’ambiance de bureau. Soit d’« INNOMBRABLES heures à prétendre travailler à son bureau pendant les scènes des autres ». Imaginez avec ça qu’à la saison 1, Internet ne marchait pas, ajoute Rainn Wilson. Une ligue de fantasy football a beaucoup occupé les équipes pendant six des neuf saisons, et c’est aussi pendant ces heures que Rainn Wilson alimentait le blog de Dwight. On apprend par ailleurs la passion d’Oscar Nunez pour les vidéos YouTube pourries. « Son ordinateur avait le seul haut-parleur en état de marche et il passait des journées entières à regarder des bagarres, des compétitions de judo, de karaté ou n'importe quelle vidéo de gens qui tombent. ».

Mindy Kaling et B.J Novak, le mélodrame permanent

Les fans de The Office portés sur les ragots n'ignorent pas que pour B.J. Novak et Mindy Kaling, alias Ryan et Kelly, la réalité accompagnait la fiction. « De la saison 3 à la saison 6, Mindy et B.J. étaient constamment en train de sortir ensemble, de rompre puis de se remettre ensemble, raconte Rainn Wilson qui précise tenir l’info de « scénaristes curieux ». Régulièrement, dans un coin du plateau, je voyais Mindy en larmes, et B.J en train de gesticuler frénétiquement en face d’elle. Leurs histoires ont énormément inspiré la relation de Ryan et Kelly. Maintenant ils sont meilleurs amis, terminent les phrases l’un l’autre et parlent constamment derrière mon dos ».

Le « It is your birthday » n’a pas fait rire que nous
A la saison 5, l'épisode Lecture Circuit. Jim et Dwight sont en charge du party planning commitee. C’est l’anniversaire de Kelly, et Dwight a décidé de l’en informer :


Rainn Wilson s’en souvient comme de la scène la plus difficile à tourner… sans fou rire. « Les gens nous demandent souvent "Comment faisiez-vous pour jouer avec autant de sérieux?" La réalité, c’est qu’on ne l’était jamais, sérieux. On éclatait de rire TOUT le temps ». Pour cette scène en particulier, « John et moi, on ne s’arrêtait plus. On a ri à en pleurer »

Pour rire ou pleurer, nous aussi, on se quitte sur Everybody hurts: