D8: Barack Obama avec Bear Grylls, une opération de sensibilisation et de communication

POLITIQUE-SPECTACLE Ce mercredi, à 21h, D8 diffuse « En pleine nature avec Barack Obama et Bear Grylls », censé sensibiliser le grand public au réchauffement climatique…

Fabien Randanne

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Bear Grylls et Barack Obama ont fait un selfie devant le glacier Exit, en Alaska, en septembre 2015.
Bear Grylls et Barack Obama ont fait un selfie devant le glacier Exit, en Alaska, en septembre 2015. — Bear Grylls

Quand, en France, Manuel Valls s’aventure à On n’est pas couché, de l’autre côté de l’Atlantique Barack Obama crapahute avec Bear Grylls. Le pro de la survie a emmené le président américain jusqu’en Alaska pour constater les effets du réchauffement climatique sur le glacier Exit. Le chef d’Etat a sorti sa panoplie du parfait randonneur pour une opération de sensibilisation – et, évidemment, de communication – diffusée pour la première fois en France ce mercredi, à 21h, sur D8.

  • A invité exceptionnel, dispositif exceptionnel

Le baroudeur britannique a déjà arpenté des territoires hostiles avec des célébrités telles que Ben Stiller, Channing Tatum ou Kate Winslet… Mais, juste avant de jouer les Castor Junior avec Barack Obama ce jour de septembre 2015, Bear Grylls a le stressomètre dans le rouge. Le Britannique n’aurait « jamais cru possible » de pouvoir prodiguer ses conseils au « leader du monde libre » [sic] et vit sa journée comme un « privilège ».

 

@barackobama our show is out soon ! #RunningWild

Une photo publiée par Bear Grylls (@beargrylls) le 23 Oct. 2015 à 16h51 PDT

 

« Il n’y a rien de plus extraordinaire pour moi que de me retrouver dans les bois avec Bear », assure, de son côté, le président américain. Des amabilités qui lancent l’émission comme un remake bromance du Secret de Brockeback Mountain. Barack Obama a beau répéter qu’il est heureux de sortir de sa « bulle », son escapade en pleine nature ne s’est pas organisée comme une classe verte. Dans son sillage, c’est une armada d’agents des services secrets et de personnels de la Maison Blanche qui a fait le voyage. Même un gouteur, chargé de veiller à ce qu’Obama ne s’empoisonne pas, a fait le déplacement.

  • Obama comme vous ne l’avez jamais vu

Avec sa parka grise et ses chaussures de randonnée, il ressemble à n’importe quel vadrouilleur du dimanche. « La nature se fiche de qui on est », assure lui-même Barack Obama, jouant la carte « Monsieur Tout-le-monde ». Même si on est habitué à le voir plutôt relax, il est assez amusant de le voir galérer à prendre un selfie avec un smartphone. Et pour cause, il ne possède pas de téléphone portable « pour des raison de sécurité », car il serait trop facile de le localiser.

Bear Grylls explique par ailleurs que le goûteur s’est inquiété de voir le chef d’Etat déguster les restes du repas d’un ours parce que, normalement, « le président ne doit pas être filmé en train de manger ». Que ce soit dit, les quelques plans montrant Obama croquer dans un bout de saumon sont HIS-TO-RIQUES. En revanche, si Bear Grylls est connu pour boire sa propre urine, Obama ne s’est pas laissé tenter par une rasade de pipi. Le péril n’était pas suffisamment imminent : « Dans un cas extrême, je pense que j’en serai capable, surtout si la seule alternative, c’est la mort », ose quand même l’homologue de François Hollande.

  • Mission sensibilisation et redorage de blason

« La principale raison pour laquelle nous sommes ici, c’est pour mettre l’accent sur le changement climatique. Pour que les gens voient ce qu’il en est, plutôt que de se contenter de lire des rapports chiffrés », clame Barack Obama à Bear Grylls.

 

Si l’on voit effectivement un glacier fondre après une explication sur le phénomène d’exfoliation, c’est surtout l’aspect people que l’on retient de ces quarante minutes. Entre deux gorgées d’infusion de feuilles d’arbre, le président américain parle de son épouse et de leurs enfants comme il le ferait avec un pote. « Personne ne me rend aussi heureux ou ne me fait sentir aussi stupide », confie-t-il, avec le sourire du bon papa aimant, au sujet de ses deux filles.

Le président parle aussi de religion et de son bilan à la Maison Blanche. « Nous avons fourni une assurance santé à des millions de personnes (…), nous avons porté secours à une économie au bord du gouffre, mais les mesures contre le réchauffement climatique sont plus importantes que tout. » Chef de famille, chef d’Etat… il joue sur tous les tableaux en se posant comme un président « normal ».

  • Une dernière prière pour la route

Avant de laisser Barack Obama redécoller vers la vie politique, Bear Gryll se propose de prier avec et pour lui – chose impensable en France. Les dieux de l’audience n’auront pas été complètement au rendez-vous : diffusé le 17 décembre aux Etats-Unis cet épisode de Running Wild With Bear Grylls a été suivi par 3,55 millions de téléspectateurs. Un score dans la moyenne de la deuxième saison mais en deçà du numéro avec Michelle Rodriguez qui a captivé 3,85 millions d’Américains. Il faut dire que dans celui-là, Grylls avalait une souris bouillie dans l’urine de l’actrice.