VIDEO. «On n'est pas couché»: Valls défend la déchéance de nationalité

POLITIQUE La question a occupé une bonne partie de l'émission...

M.C. avec AFP
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Manuel Valls dans l'émission «On n'est pas couché», le 16 janvier 2016.
Manuel Valls dans l'émission «On n'est pas couché», le 16 janvier 2016. — France 2

Quatre-vingt-dix minutes pour tenter de convaincre. Invité d'On est pas couché samedi soir, Manuel Valls s'est de nouveau employé à défendre l'extension critiquée de la déchéance de nationalité pour les binationaux auteurs de crimes terroristes, qui a accaparé une bonne part de l'émission, à l'image du débat politique français ces dernières semaines.

Pour la première participation d'un Premier ministre en exercice au talk-show de Laurent Ruquier sur France 2, le chef du gouvernement a bataillé pendant près d'une heure et demie depuis son fauteuil blanc pour défendre la mesure, mais aussi son discours rejetant toute «explication» aux tueries du 13 novembre ou encore la politique économique menée malgré le chômage massif.

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«L'indignité n'est pas la bonne solution»

«Je crois que c'est très important de marquer quelque chose de définitif envers ces Français qui s'attaquent à ce que nous sommes en leur disant "vous ne faites plus partie de la Nation"», a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur, qui a rappelé être naturalisé français. Mis sur le grill sur cette question principalement par Léa Salamé, Manuel Valls a martelé qu'«il ne s'agi(ssai)t pas de cibler les binationaux», mais «des hommes et des femmes qui tuent».

Mais à la différence de certains socialistes, le locataire de Matignon a jugé que «l'indignité», utilisée notamment contre des collaborateurs après la Seconde Guerre mondiale, n'était «pas la bonne solution». Après-guerre, les personnes condamnées «ont été réintégrées ensuite très souvent dans la communauté nationale», a-t-il plaidé.

«Expliquer le djihadisme c'est déjà vouloir un peu excuser»

Partisan d'un symbole «définitif», Manuel Valls a souligné que les frappes de l'armée française en Irak et en Syrie touchaient aussi sans doute des Français ayant rejoint les rangs de Daesh.

Quant à sa formule, également controversée, selon laquelle «expliquer le djihadisme c'est déjà vouloir un peu excuser», le Premier ministre a tenté de tempérer: «Comprendre un projet de mort, un acte terroriste, jamais», mais «analyser, oui».

Régulièrement égratigné pour une certaine raideur et une image autoritaire, Manuel Valls a globalement évité les conflits, multipliant les «vous avez raison» à ses contradicteurs aux «questions légitimes», malgré une interview pugnace. Et joué sur un registre plus personnel, évoquant sa femme violoniste ou ses quatre enfants.