BFMTV supprimerait une centaine d’emplois si LCI passe en gratuit

TELEVISION Le patron du groupe NextRadioTV affirme que « chaque dixième de point d'audience que BFMTV perdrait avec l'arrivée de LCI en gratuit représente 4 millions d'euros de recettes publicitaires en moins »…

A.G.

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Alain Weill, president de NextRadioTV, le 2 septembre 2015, à Paris.
Alain Weill, president de NextRadioTV, le 2 septembre 2015, à Paris. — THOMAS SAMSON / AFP

Alain Weill, le patron de BFMTV, est inquiet. Alors que la chaîne concurrente LCI pourrait finalement passer sur la TNT gratuite, il a fait savoir lors d’un déjeuner de presse qu’une centaine d’emplois seraient menacés à BFMTV si le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) prenait cette décision.

« Un risque pour nous de passer dans le rouge »

« Chaque dixième de point d’audience que BFMTV perdrait avec l’arrivée de LCI en gratuit représente 4 millions d’euros de recettes publicitaires en moins », a expliqué Alain Weill lors de son intervention, relate Pure Médias. Selon le patron du groupe NextRadioTV, sa chaîne pourrait perdre entre 11 et 18 millions d’euros par an.

Il a mis en garde, en faisant également allusion à l’arrivée d’une chaîne publique d’information en continu : « S’il y a trois ou quatre chaînes d’information gratuite à la rentrée, il y a un risque pour nous de passer dans le rouge. Notre équilibre budgétaire sera menacé et on devra donc réduire la voilure. »

Les emplois des pigistes et intermittents, les premiers menacés

Le patron a précisé qu'« il faudrait revenir aux alentours de 300 postes ». BFM TV emploie environ 400 personnes à l’heure actuelle.

Selon Pure Médias, cette suppression de postes toucherait en priorité les emplois les plus précaires. Les pigistes et intermittents seraient les premiers concernés.

Une décision définitive avant la fin de l’année

En juillet 2014, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait refusé le passage en TNT gratuite de LCI, Paris Première et Planète +. Une décision cassée un an plus tard par le Conseil d’État pour un motif de procédure. Le CSA a dû réactualiser ses études d’impacts pour ces chaînes. C’est ce qui inquiète Alain Weill, car ces dernières s’avèrent beaucoup plus positives. Le CSA doit prendre une décision définitive avant la fin du mois de décembre.