Avec «Jessica Jones», Marvel continue sur la lancée de «Daredevil»

TELEVISION La seconde collaboration avec Netflix transforme l'essai...

Philippe Berry

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L'actrice Krysten Ritter dans la série «Jessica Jones», diffusée sur Netflix.
L'actrice Krysten Ritter dans la série «Jessica Jones», diffusée sur Netflix. — MARVEL

Quand Marvel a annoncé qu’il allait signer cinq séries pour Netflix, qui doivent culminer avec la dream team des Defenders, on a d’abord cru que le studio raclait ses fonds de tiroirs. Mais après l’excellente surprise Daredevil, qui a établi un nouveau standard pour l’action à la télévision, la collaboration a accouché de son second bébé, Jessica Jones, disponible depuis vendredi en intégralité sur le service de streaming. Et tous les éléments semblent réunis pour une joyeuse séance de binge watching.

Série « de rue »

Comme Daredevil, la série se déroule dans les bas-fonds de New York, à Hell’s Kitchen, et elle s’intègre dans le « Marvel Cinematic Universe » après la bataille de The Avengers. Mais ici, pas de demi-dieux en combis moulantes, qui volent ou soulèvent un marteau magique.

Jessica Jones a rangé son masque au placard après une carrière ratée de justicière pour se reconvertir en private investigator (PI). Elle porte des jeans troués et un blouson en cuir, elle boit trop et jure comme un marin ivre. Bref, comme l’explique Marvel, il s’agit d’une série « de rue ». Si Jessica est capable de soulever une voiture à bout de bras, elle reste très humaine dans ses vices et ses faiblesses.

Post « girl power »

C’est cette complexité qui a attiré l’actrice Krysten Ritter, aperçue dans Veronica Mars et Breaking Bad (la petite amie de Jesse Pinkman). « C’est très différent des autres projets Marvel. Ce n’est pas coloré et flashy, ce sont des luttes intimes. Je n’ai jamais pensé à mon personnage comme à une super-héroïne, c’est avant tout une femme qui tente de trouver une façon d’exister dans le monde. »

Traumatisée par un ennemi manipulateur et machiavélique (l’ombre du Britannique David Tennant plane sur les deux premiers épisodes), Jessica souffre de PTSD (stress post-traumatique). Et quand son pire cauchemar revient, elle doit affronter ses peurs.

Sombre, la série n’oublie pas de se relâcher avec un humour bienvenu. Et Ritter, qu’on savait douée dans la comédie (Don’t Trust the B), démontre une palette surprenante de nuances. Grâce à son interprétation, on est loin du « girl power » téléphoné de Supergirl. Jessica Jones fait ce qu’elle veut et elle n’a rien à prouver. Comme elle le dit, she « just doesn’t give a fuck ».