Attentats à Paris et assaut à Saint-Denis: Les chaînes d’info en continu ont retenu les leçons de «Charlie»

MEDIAS La prudence a été de mise lors des éditions spéciales des chaînes de télévision, elle est requise par tous les citoyens sur les réseaux sociaux...

Anne Demoulin

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Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA).
Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA). — Thomas Samson / AFP

Un dispositif tristement rodé. Dès la propagation sur les réseaux sociaux des informations sur la série d’attentats survenue à Paris ce vendredi 13 novembre, les chaînes d’info en continu et les chaînes généralistes ont basculé en mode « édition spéciale ». Les médias, qui avaient été épinglés par le CSA pour de nombreux « dérapages » dans le traitement médiatique des attaques terroristes à Paris début janvier 2015, ont retenu les leçons de « Charlie ». Explications.

Les caméras tenues à distance

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a rappelé dans un communiqué publié samedi, « la nécessité de ne donner aucune indication susceptible de mettre en cause le bon déroulement des enquêtes en cours dans les circonstances tragiques que vit notre pays. » Un appel respecté, semble-t-il.

Les autorités ont pris des mesures pour tenir les médias à distance. « Les caméras lors de l’assaut du Bataclan étaient beaucoup plus éloignées du théâtre de guerre qu’en janvier, où les chaînes avaient filmé l’assaut de l’Hyper Cacher », constate l’analyste des médias François Jost.

Des chaînes prudentes

Les chaînes, et notamment les chaînes d’info en continu, ont fait preuve de davantage de prudence. Les sanctions du CSA ont sans doute joué un rôle. « Elles n’ont pas commis les mêmes erreurs qu’en janvier. Il faut dire qu’elles n’ont pas eu beaucoup de temps pour en commettre », note Virginie Spies, sémiologue et analyste des médias. iTélé a même fait le choix d’arrêter le direct durant l’assaut au Bataclan.

« Il va falloir admettre que l’on n’a pas besoin de tout savoir au moment même où cela se déroule, mais en tant que citoyen, juste après », souligne la spécialiste, qui rappelle qu’en « temps de guerre, les médias ont tous appliqué la censure ».

La Toile a été inondée de rumeurs et de hoax. « Les principaux débordements ont lieu sur les réseaux sociaux », déplore Virginie Spies.

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Ces rumeurs et fausses informations qui n’ont pas été relayées par les médias.

Tous, « des citoyens des médias »

« Poster des informations sur les forces de police, les contrôles douaniers, des photos du lieu de l’assaut à Saint-Denis, c’est donner des infos aux terroristes », rappelle Virginie Spies. Les utilisateurs de Coyote et Waze ont ainsi été invités à ne pas signaler les contrôles policiers durant la traque des terroristes. Twitter, Facebook et autres Instagram « nous obligent tous à être des citoyens des médias », conclut Virginie Spies.