Antoine de Caunes: «Je suis comme un produit d'appel pour Canal+»

TÉLÉVISION Vendredi à 22h45 sur Canal +, l’animateur fait sa rentrée et présente son tout dernier bébé : « L’émission d’Antoine »…

Propos recueillis par Clio Weickert

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Antoine de Caunes présente «L'émission d'Antoine»
Antoine de Caunes présente «L'émission d'Antoine» — Xavier Lahache

Après quatre mois d’absence, Antoine de Caunes « is back ». L’ex présentateur du Grand Journal fait son grand retour ce vendredi, à 22h45 sur Canal +, où il lance sa toute dernière création, un magazine hebdomadaire et décalé : L’émission d’Antoine. Sa mission ? S’éclater mais surtout parler de la société « à travers ses bizarreries et ses névroses », aux côtés d’Alison Wheeler, Monsieur Poulpe, Fred Testot ou encore Fred Veïsse. A l’occasion de ce baptême du feu, 20 Minutes a sondé Antoine de Caunes sur ce nouveau bébé télévisé, et sur sa nouvelle place au sein d’une chaîne qu’il a vu naître.

Pour ce premier volet, vous parlez du poil, un problème qui vous a touché tout particulièrement ?

De très près, j’ai même envie de dire que je le porte sur la gueule ! L’idée était de partir d’un point de détail, pour s’autoriser un pas de côté et faire un portrait en creux de notre époque. Il s’agit de sujets légers et marrants mais dans lesquelles on apprend quelque chose. On a imaginé quelque chose dans laquelle je me retrouve et qui soit une figure libre, où je peux jouer et m’amuser.

Dans cette émission, vous vous mettez vous-même en scène, est-ce que cela vous manquait de vous grimer et de participer au show ?

Oui bien sûr, même si ce n’était pas non plus une frustration. Disons qu’elle était acceptée puisque l’exercice de style précédent, Le Grand Journal, était à l’inverse de ce qu’on peut faire dans l’Emission d’Antoine.

Justement, vous qui êtes connu pour votre côté décalé et rock’n’roll qu’est-ce qui vous a plu dans une émission comme le « Grand Journal » ?

C’était quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, et c’était ça qui était excitant. Comme de se retrouver dans une émission où vous recevez Henri Guaino puis Jimmy Page ! Après, la contrainte, c’est que le cadre était très déterminé. Mais je me suis beaucoup amusé et je ne renie pas du tout ces deux années. Après c’est sûr qu’il faudrait peut-être lâcher du lest… Mais arrêtons, je ne veux plus parler de cela.

Désormais, vous passerez le vendredi soir, en crypté, donc vous serez moins exposé. Un soulagement ou plutôt le sentiment d’avoir été un peu écarté ?

Ni l’un ni l’autre. Ma préoccupation première dans ce métier n’est pas d’être le mieux exposé possible, et si c’était le cas je m’y serais pris autrement. Ce qui compte pour moi, c’est d’arrivé à m’amuser, et si une chaîne le diffuse, c’est du luxe finalement. Si ma nouvelle émission passe en crypté, c’est parce que Vincent Bolloré considère que c’est très important de redonner envie aux gens de s’abonner. Je me retrouve donc un peu comme un produit d’appel pour Canal, et c’est plus flatteur qu’autre chose.

On a l’impression qu’un raz de marée secoue Canal, mais vous faites partie de ceux qui ne semblent pas rencontrer de problèmes particuliers avec Vincent Bolloré et ses choix éditoriaux…

Il y a eu un tremblement de terre au mois de juillet que personne n’avait anticipé. Mais ce n’est pas le premier et sur le fond je sais qu’il y a quelque chose qui résiste à tout. Je ne le résume pas au prétendu « esprit Canal ». Mais ça reste une chaîne sur laquelle on peut faire les choses d’une manière différente, sans aucune prétention. Et puis Canal est dans ma peau, et je suis dans celle de Canal.

Mais vous comprenez les critiques qui peuvent lui être reprochées ?

Oui, mais « wait and see ». Moi j’ai rencontré Vincent Bolloré, d’homme à homme, et j’ai du respect pour lui, c’est un capitaine d’industrie au tempérament assez vif. Pour l’instant je n’ai pas de reproches à lui faire, et il me laisse travailler exactement comme je l’entends. Et je n’ai vraiment plus l’âge de faire des courbettes, tout comme je suis libre d’aller travailler ailleurs.