Canal+: Le rédacteur en chef adjoint de «Spécial Investigation» serait sur la sellette

MÉDIAS Selon « Le Monde », Jean-Baptiste Rivoire est convoqué ce lundi à un entretien préalable « à un éventuel licenciement »…

F.R.

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Le journaliste Jean-Baptiste Rivoire en mars 2011.
Le journaliste Jean-Baptiste Rivoire en mars 2011. — BALTEL/SIPA

MISE A JOUR : Selon la CGT, la direction de Canal + a assuré « qu’elle avait décidé de ne pas poursuivre la procédure » à l’encontre de Jean-Baptiste Rivoire. Le rendez-vous de ce lundi a donc été annulé.

Il est convoqué ce lundi pour un entretien préalable « à un éventuel licenciement ». Selon Le Monde, Jean-Baptiste Rivoire, le rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation, est sur la sellette. Selon le quotidien du soir, la lettre de convocation adressée par la direction des ressources humaines (DRH) de Canal +, ne mentionne aucun motif précis, mais le fait que le journaliste se soit lancé dans des activités syndicales, n’est sans doute pas étranger à cette décision.

Jean-Baptiste Rivoire a reçu ce courrier en recommandé le 9 octobre après avoir annoncé à ses collègues, par mail, qu’il venait d’adhérer au syndicat SNJ-CGT et d’être nommé « représentant syndical » à Canal +. Ce qui lui permettrait d’assister aux comités d’entreprise de la chaîne et, souligne Le Monde, d’interroger la direction sur la façon dont elle « traite » l’investigation.

Canal + nie « la procédure de licenciement »

Canal + aurait notamment censuré une enquête de Spécial Investigation sur le Crédit Mutuel et refusé la rediffusion d’un reportage sur le Mondial 2022 au Qatar. En juin, Jean-Baptiste Rivoire avait cosigné, avec Steeve Baumann et Nathalie Moutoz, respectivement rédacteur en chef adjoint et chef d’édition du magazine, un e-mail adressé à Maxime Saada, le directeur général de Canal +. Dans cette missive ils demandaient des explications sur ces choix éditoriaux. Les journalistes ont été reçus quelques jours plus tard par le directeur général qui leur avait assuré que le processus de lancement des enquêtes « n’avait pas changé » et que l’investigation serait renforcée sur Canal +.

Si Spécial Investigation diffusera bien, le 26 octobre, une enquête sur Hollande et Sarkozy qui avait été déprogrammée fin septembre, celle consacrée au Crédit Mutuel avait atterri sur France 3.

Dimanche soir, la direction de Canal + a assuré au Monde que le journaliste n’était « pas en procédure de licenciement ». Mais Jean-Baptiste Rivoire, qui n’aurait pas été ainsi rassuré par la chaîne, a fait savoir qu’il se rendrait bel et bien à la convocation.