Vincent Bolloré a été auditionné durant près de deux heures devant le CSA

TELEVISION Cette audition, décidée « d’un commun accord », s’est tenue à huis clos ce jeudi matin…

A.G. avec AFP

— 

Vincent Bolloré en avril 2015.
Vincent Bolloré en avril 2015. — MEIGNEUX/SIPA

Critiqué par certains pour son interventionnisme éditorial dans les chaînes de son groupe, Vincent Bolloré a été auditionné ce jeudi durant près de deux heures par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Une première depuis que le patron de Vivendi et de Canal + a pris le contrôle au printemps du groupe et de son pôle télé, imposant une série de changements.

« C’était un honneur et un plaisir d’être devant le CSA. Je crois beaucoup à la régulation française », a déclaré l’homme d’affaires, peu avant 11H00, à la sortie de cette audition à huis clos par les huit sages de l’autorité de régulation de l’audiovisuel. Vincent Bolloré a ajouté qu’il avait « toujours respecté la réglementation ». L’échange, qui a duré près de deux heures, a été « serein et courtois », indique-t-on du côté de Canal +.

Bolloré s’est « engagé à créer un comité d’éthique auprès de Canal+ »

Dans un communiqué publié ce jeudi midi, le CSA indique : « M. Bolloré a présenté sa stratégie d’ensemble. A la demande du collège, il a ainsi abordé des questions relatives aux changements dans la structure capitalistique du groupe et dans ses équipes dirigeantes, à sa demande de modification de noms de chaîne, à des engagements en faveur de la création et de la diversité, à l’indépendance éditoriale et à l’exercice du métier de journaliste dans l’indépendance de l’information. »

Le CSA a poursuivi : « Cet échange approfondi a montré la nécessité de mettre en place un groupe de travail qui sera  chargé d’examiner l’ensemble des conséquences que ces changements appellent quant à la régulation du groupe. »  Vincent Bolloré s’est « engagé à créer un comité d’éthique auprès de Canal+ », ajoute le Conseil supérieur de l’audioviusel.  « Sa mission sera de garantir, sous le contrôle du CSA, l’indépendance éditoriale comme celle de l’information. »

« Protéger l’indépendance éditoriale » des chaînes de Canal +

 Cette audition a été décidée « d’un commun accord » avec Vincent Bolloré, avait indiqué la semaine dernière une source proche du dossier. Elle devait aborder tous les sujets concernant les chaînes du groupe et le respect de leurs engagements envers le CSA (indépendance, diversité des programmes…).

Des voix se sont fait entendre ces derniers jours pour demander au CSA de « protéger l’indépendance éditoriale » des chaînes de Canal +.

Censure de documentaires

Dans une tribune parue mercredi dans Le Monde, les membres du collectif « Informer n’est pas un délit », dont Elise Lucet, Reporters sans frontières et les Sociétés des journalistes de différents médias, estiment que « le principe d’indépendance des médias, pilier de notre démocratie, a été, à de multiples reprises, piétiné par l’actionnaire principal du groupe Canal +, Vincent Bolloré ».

Parmi les questions sensibles soulevées par ce collectif : une enquête de Spécial Investigation de Canal + sur le Crédit Mutuel, banque partenaire de Vivendi, un documentaire que Vincent Bolloré aurait personnellement fait déprogrammer en mai, selon Mediapart.

Depuis son arrivée, Vincent Bolloré a imposé sans ménagement une série de changements au sein du groupe Canal + : le remplacement des dirigeants de Canal +, D8, D17 et iTÉLÉ, les nouveaux noms annoncés pour D8, D17 et iTÉLÉ (rebaptisées C8, C17 et CNnews), l’éviction des Guignols de l’Info de la grille en clair de Canal + ou encore la déprogrammation de magazines d’information.