Yann Moix: «Je ne suis pas là pour plaire à Cyril Hanouna et son aréopage de pétomanes appointés»

TALK-SHOW En participant à « On n’est pas couché », l’écrivain et cinéaste Yann Moix ne laisse pas indifférent. Pour ses détracteurs, il plane, pour les autres, il veut faire prendre de la hauteur… Il s’explique à « 20 Minutes »…

Propos recueillis par Joel Metreau

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Yann Moix, chroniqueur dans On n'est pas couché sur France 2. Lancer le diaporama
Yann Moix, chroniqueur dans On n'est pas couché sur France 2. — France 2

Guy Bedos, Cécile Duflot, Michel Sardou, Marie-Anne Chazel, Thomas Dutronc… Voici quelques-uns des invités qui seront cuisinés dans On n’est pas couché, ce samedi soir sur France 2. Aux côtés de Laurent Ruquier et Léa Salamé, l’écrivain, journaliste et cinéaste Yann Moix, dont ce sera la troisième participation au talk-show, raconte à 20 Minutes sa méthode.

Bonjour Yann Moix, comment avez-vous vécu la deuxième émission ?

Ça allait. Peut-être que je dois encore trouver mes marques pour l’interview politique. Ça va prendre un petit peu de temps.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre « On n’est pas couché » comme chroniqueur ?

C’est un poste auquel j’avais déjà songé. Quand Naulleau et Zemmour sont partis, J’avais glissé à Laurent Ruquier que ça pouvait m’intéresser. Je n’ai pas la télévision, mais c’est la seule émission que je regarde sur Internet. C’est ce qu’il y a de mieux à la télé. Il y a des chroniqueurs, Laurent y montre son côté intellectuel. Et puis il y a des invités politiques, des écrivains. C’est une des rares émissions où il peut se passer quelque chose…

Comment vous préparez-vous ?

En lisant les livres de très près, en travaillant beaucoup et en essayant de voir ce qui chez les invités est positif, au moins chez les artistes. Mais il vaut mieux oublier ses notes pour écouter l’invité. Il ne faut jamais caser une question préparée à l’avance mais rebondir sur ce qui a été dit. A la première, j’avais soixante pages de notes et pour la deuxième trois.

Du « positif », c’est étonnant, car l’émission a pour réputation de flinguer…

Ce n’est pas parce que mes prédécesseurs on fait ça que je vais faire la même chose. Les gens préfèrent une émission où il y a parfois de la castagne avec les hommes politiques et les essayistes. Mais ils aiment aussi que les chroniqueurs soient respectueux avec les artistes. Je ne suis pas sûr que le samedi soir, les téléspectateurs ont envie de voir des gens agressifs. Et puis quand vous touchez les artistes, vous touchez à tous ceux qui les adorent.

On vous a reproché des questions parfois alambiquées…

La complexité fait aussi partie de la vie. Je ne suis pas là pour plaire à Cyril Hanouna et son aréopage de pétomanes appointés. Je ne vais baisser de quinze crans pour un public qui n’existe pas. Quand vous faites plaisir à 10 personnes vous faites déplaisir à 10 autres. Et inversement. C’est comme ça que je parle dans la vie. On a l’impression que mes phrases sont un peu longues, mais j’essaie de montrer toutes les facettes en moins de temps possible. Et dans la deuxième émission, j’ai parlé de manière beaucoup plus simple de choses complexes.

Etes-vous attentif aux réactions sur Internet ?

Je ne tape jamais mon nom sur Internet sinon je me tire une balle dans la tête. C’est ultra-violent, c’est de la haine. Mais c’est bizarre. Dans la réalité, les gens sont adorables et dans la virtualité, ils sont infects.

Vous vous répartissez les rôles avec Léa Salamé avant l’émission ?

Un petit peu. On sait qu’on ne va pas aborder les mêmes sujets, c’est tout. On s’appelle quelques minutes au téléphone, c’est tout. Je l’adore, c’est une fille extraordinaire. C’est une bonne camarade. Avec elle, ça a marché tout de suite.

Léa Salamé, Laurent Ruquier et Yann Moix, dans On n’est pas couché sur France 2. - France 2

 

Pourquoi n’avez-vous pas la télévision ?

Je n’aime pas ça l’esthétique de la télé, je m’ennuie, je décroche. Je regarde des émissions des années 1970 sur la plateforme de l’INA. Il y avait de bonnes émissions. Les émissions d’histoire sont très mal faites aujourd’hui.

Pourtant elles font de bonnes audiences…

Je ne parle pas des coulisses de l’histoire, par le bout de la lorgnette. Je m’en fous de savoir si Napoléon a joui quatre fois lors de sa nuit de noces. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir pourquoi il a fait l’embargo anglais.

Une émission d’histoire, ça vous tente ?

Je ne peux pas faire dix choses à la fois. Là je me consacre exclusivement à On n’est pas couché. J’ai un emploi du temps comme à l’école. Ce n’est pas histoire, géo et maths mais Michel Sardou, Thomas Dutronc et Guy Bedos…

Du coup, avez-vous le temps d’écrire ?

Non. Je me laisse juste cinq heures par semaine pour écrire le scénario de Podium 2.

Alors, Michel Polnareff, présent ou pas ?

C’est en très bonne voie. Je lui ai écrit un rôle très important dans Podium 2 et je pense qu’il va sans doute beaucoup rire en le lisant.

Mais au fait pourquoi un « Podium 2 » ?

Si ça se trouve je suis capable de ne faire que des documentaires et des Podium. Que des Podium. Le 3, le 4, le 5… le 23… le 28. Et faire comme les séries américaines mais au cinéma. Là, je suis parti pour huit Podium.