VIDEO. L’humoriste Stephen Colbert joue le décalage pour ses débuts dans le «Late show»

TELEVISION Le talk-show américain était présenté jusqu’en mai par la référence David Letterman…

A.G. avec AFP

— 

L'humoriste Stephen Colbert a succédé à David Letterman aux manettes du «Late Show», le 8 septembre 2015.
L'humoriste Stephen Colbert a succédé à David Letterman aux manettes du «Late Show», le 8 septembre 2015. — Erik Pendzich/REX Shutt/SIPA

C’est le début d’une nouvelle ère pour le Late Show. L’humoriste Stephen Colbert a tenté mardi de marquer sa différence pour son premier talk-show dans la case occupée jusqu’en mai par la référence David Letterman, un format qui reste crucial pour les grandes chaînes gratuites américaines.

Vedette de la chaîne câblée Comedy Central avec son programme The Colbert Report, Stephen Colbert arrive en milieu hostile, soumis à la concurrence féroce des deux autres stars des talk-shows de deuxième partie de soirée, comme Jimmy Fallon sur NBC et Jimmy Kimmel sur ABC.

« Je vais essayer d’honorer son œuvre »

En 33 ans à l’antenne, David Letterman a bouleversé cette institution américaine, popularisée par Johnny Carson. « Je ne remplace pas David Letterman. Je vais essayer d’honorer son œuvre », a lancé Stephen Colbert mardi en début d’émission.

Pour symboliser la précarité de sa fonction, Colbert avait placé au premier rang Les Moonves, le PDG de sa chaîne, CBS, qui était équipé d’un interrupteur factice.

A l’aide de la machine, le dirigeant pouvait supposément, au moindre faux pas, remettre à l’antenne un épisode de la série The Mentalist, diffusée durant l’été au même horaire.

Une autre partition pour exister

Comme prévu, pour exister, Colbert a joué mardi une autre partition que ses rivaux, adeptes des séquences potaches truffées de personnalités du show-business. Attendu sur un registre plus sophistiqué, il a évoqué le Darfour avec l’acteur George Clooney, et fait la part belle à la politique.

Devant un public tout acquis à sa cause, il a ainsi longuement disserté sur l’extravagance du candidat républicain Donald Trump, avant de recevoir un autre prétendant à l’investiture républicaine, Jeb Bush.

« C’était différent. L’atmosphère était cool. (…) Pour moi, la différence avec Fallon, c’est que c’était beaucoup plus détendu », a estimé Marcus, la vingtaine, venu de Brooklyn, à la sortie de l’enregistrement. « Je pense qu’il va trouver sa place », a ajouté un autre homme d’une vingtaine d’années, venu spécialement de Houston avec son épouse.

Beaucoup de fans

« Colbert a beaucoup de fans, et cela se voyait ce soir », a-t-il ajouté, en référence aux « Ste-phen ! Ste-phen ! » scandés plusieurs fois par le public au cours de l’émission.

Pour réussir, Colbert, 51 ans, devra faire mieux que Letterman auprès du jeune public (moins de 50 ans), cible privilégiée des annonceurs. Les audiences de ces talk-shows sont en nette baisse, mais Kimmel et Fallon ont redynamisé la case en se positionnant avec force sur les supports que les jeunes préfèrent désormais à la télévision : YouTube et les réseaux sociaux.

Même si le modèle économique n’est pas encore stabilisé, NBC ne tirant pour l’instant aucun revenu des dizaines de millions de visionnages des vidéos de Fallon sur YouTube, cette stratégie a déjà commencé à payer. En 2014, les revenus publicitaires des talk-shows de deuxième partie de soirée ont connu une hausse de 14 %, pour atteindre 597 millions de dollars, selon l’institut Kantar Media.

« Cela reste un véhicule promotionnel », explique Deborah Jaramillo, professeur à la Boston University, un passage obligé notamment pour acteurs et chanteurs en quête d’exposition médiatique, accompagnés par les annonceurs.