Redevance audiovisuelle: Un casse-tête pour renflouer les caisses

MEDIAS François Hollande ne s’est pas prononcé en faveur d’un élargissement de la taxe aux tablettes et Smartphones…

R.S.

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Un téléviseur. illustration.
Un téléviseur. illustration. — P. Sautier - Sipa

Les utilisateurs de tablettes, de smartphones ou d’une box Internet peuvent regarder leurs programmes préférés en paix. L’idée d’élargir la redevance audiovisuelle aux « objets connectés » a été balayée lundi matin par François Hollande, lors de son rendez-vous de rentrée face à la presse. Le Président s’est dit « pas favorable » à cet élargissement. Jusque-là, le gouvernement était pourtant divisé. Le camp du « pour », défendu par Fleur Pellerin au ministère de la Culture, s’opposait au « contre » incarné par la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire.

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Sans apporter d’idée nouvelle pour financer l’audiovisuel public (France Télévisions et Radio France), François Hollande a simplement annoncé des « arbitrages à la fin du mois ». Dans les faits, les leviers pour accroître le taux de la redevance sont assez limités. Outre un élargissement de l’assiette aux smartphones, aux tablettes, ou aux box, « il reste éventuellement une réévaluation du taux. Mais c’est à peu près tout », relève Philippe Bailly, directeur et fondateur du cabinet d’analyses médias NPA Conseil.

26 millions de foyers pour une manne de 3,5 milliards d’euros

Actuellement, le montant de la redevance s’élève à 136 euros. Un peu plus qu’en Italie (113,50) et en Irlande (107), mais moins qu’au Royaume-Uni (200), en Allemagne (210), en Suède (232) et en Suisse (433), selon le récapitulatif établi par Les Echos. En 2014, elle concernait en France 26 millions de foyers pour une manne de 3,5 milliards d’euros. Depuis le début du quinquennat, en 2012, elle a déjà augmenté de 11 euros.

« Il faut des financements » pour le service public audiovisuel, a renchéri Hollande « mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d’ajustement. Il faut maîtriser l’appel à la contribution », sans « en appeler à la redevance de manière exagérée ». A un an et demi de la fin de son mandat, le Président ne veut pas brouiller le message du moment, qui promet un relâchement de la pression fiscale.

Le retour de la publicité après 20h ?

En cherchant bien, quatre pistes semblent encore possibles pour gratter l’argent destiné à compenser la baisse naturelle du nombre de ménages s’équipant d’un téléviseur. Un. L’assujettissement des résidences secondaires à taux plein pour cette taxe (la redevance télé ne concerne pour l’instant que la résidence principale). Deux. Revaloriser la subvention budgétaire créée en 2008. Trois. Augmenter les recettes du groupe France Télévisions provenant de la production interne et de la diversification. Quatre. Envisager un retour de la publicité sur les chaînes après 20h. Sur ce dernier point, Delphine Ernotte, la nouvelle patronne du groupe, a déjà donné son aval lors de son intronisation. Et ce, même si le gouvernement y est toujours réticent, estimant que « les conditions ne sont pas réunies » actuellement.