«On n’est pas couché»: Echange très tendu entre Léa Salamé et Jean-Christophe Cambadélis sur la question des migrants

TELEVISION Alors que la chroniqueuse Léa Salamé accusait le PS d’un «silence assourdissant» sur la question des migrants, le premier secrétaire a perdu son sang froid…

A.L.

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Jean-Christophe Cambadélis et Léa Salamé le 5 septembre 2015 dans On n'est pas couché
Jean-Christophe Cambadélis et Léa Salamé le 5 septembre 2015 dans On n'est pas couché — France 2

«Bravo Léa Salamé!!! », «Salamé–1: Cambadélis: 0», mais aussi pour certains, moins nombreux, «belle performance de Cambadélis». Samedi soir sur Twitter, les téléspectateurs d’On n’est pas couché comptaient les points alors que le ton montait vivement entre la chroniqueuse de l’émission et le premier secrétaire du Parti Socialiste, invité à l’occasion de la sortie de son livre: A gauche, les valeurs décident de tout.

«Où était le Parti socialiste cet été?»

Léa Salamé commence par le citer: «Vous écrivez: «Je fais à la gauche le reproche d’avoir abandonné ses valeurs d’être technocratique et d’avoir tout basé sur l’économisme». Très bien, on va parler des valeurs». De là, la chroniqueuse se jette dans une plaidoirie sur la question des migrants: 

«Elles sont où les valeurs de gauche quand il s’agit des migrants? Depuis 2015, les afflux de migrants augmentent de plus. On va en avoir 800.000 cette année en 2015 en Europe. Il y a déjà 2.500 morts et on ne vous a pas entendus».

Et Léa Salamé de poursuivre: «Où était François Hollande qu’on a vu tellement prompt à réagir au moment de la Grèce (…)? Où était-il au moment de la crise des migrants? Où était le Parti socialiste cet été? Il ne s’est rien passé aux universités de La Rochelle. Il n’y a pas même pas eu une pétition qui a été signée au PS (…) Vous aviez un silence totalement assourdissant, et vous nous parlez des valeurs de la gauche.»

Pour la chroniqueuse: «Il a fallu qu’une dirigeante allemande de droite conservatrice [Angela Merkel NDR] vous fasse une leçon d’humanisme pour que vous arrêtiez d’être tétanisé sur cette question des migrants».

«Pourquoi vous hurlez comme ça?»

Calme d’abord, Jean-Christophe Cambadélis assure avoir consacré une partie importante  de son discours en juin, au congrès du PS, à la question des migrants. Partie qui, estime-t-il, a été passée sous silence par la presse.

«J’ai fait une envolée et des propositions sur la question des migrants et des réfugiés. J’ai proposé une conférence internationale (...). Pas un mot dans la presse, pas une reprise. A tel point que vous, qui êtes une journaliste professionnelle vous ne vous souvenez même pas.» 

Le premier secrétaire perd de plus en plus son sang froid. «Le jour où j’ai fait cette proposition, ce qui était plus important que tout ce n’était pas le combat contre les réfugiés, c’était la phrase de Montebourg contre le PS! Cest ça aussi, notre système médiatique!». De quoi lui valoir un «Pourquoi vous hurlez comme ça?» de la part de la chroniqueuse. 

Plus tard, le débat s'est aussi envenimé sur la question du FN, Léa Salamé l'accusant de diaboliser le parti. «Le FN n'a jamais écrit qu'il raccompagnerait 4 millions de musulmans à la frontière! Vous voulez le diaboliser»


Prenant la relève de Léa Salamé, Yann Moix a commencé par assurer à Jean-Christophe Cambadélis: «Vous m’êtes un homme très sympathique». De quoi détendre un peu l'atmosphère, mais sans le ménager pour autant par la suite.