«Objectivement», la série qui donne la parole aux objets

TELEVISION « Objectivement », la série d’animation de la rentrée d’Arte, anthropomorphise cafetière, éponges et dentifrice...

Léa Chauvel-Lévy

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Objectivement, la nouvelle série d'animation d'Arte qui donne la parole aux objets du quotidien
Objectivement, la nouvelle série d'animation d'Arte qui donne la parole aux objets du quotidien — Arte

Quand les chats ne sont pas là, les souris dansent… Ainsi des objets quand les humains quittent leur maison. De tout temps, les enfants ont fait parler leurs jouets. C’est un peu l’idée de la nouvelle série d’animation Objectivementqui, à partir de ce lundi à 20h45, met en scène 60 objets, en 40 épisodes de deux minutes, sans l’intervention d’aucun humain. Aucun, ou presque. Puisque l’on devine parfois l’ombre d’un geste, le bruit d’un homme, de ses pas dans la pièce, mais pas plus. Les objets sont donc rois.

Au casting ? une boule à thé hilarante, une bouteille de bière qui veut aller en after dans une poubelle, un savon mafieux, un dentifrice un brin joueur, un marque-page un peu réac… Hadrien Cousin, scénariste de la série revient sur le principe : « Walt Disney a toujours fait danser les balais. Pixar et Dreamworks sont aussi maîtres de l’anthropomorphisation des objets. Georges Méliès en donnant à la lune un visage dans son film de 1902 Le Voyage dans la lune avait sans doute donné le clap de début de cette façon de doter l’inanimé de qualités humaines. »

Bras articulés et stop motion

Neuf mois d’écriture, d’enregistrement en studio et neuf semaines de tournage ont eu raison des contraintes techniques de taille que représente le fait de filmer des objets et non des comédiens. L’un des deux réalisateurs Mikael Fenneteaux (l’autre étant Grégoire Sivan) commente, amusé : « Faire bondir une télécommande n’est pas très aisé… Alors on se serre d’une troisième main encore appelée "rig", sorte de bras articulé qui permet de faire bouger les objets et que l’on gomme après au montage. » C’est grâce au stop motion que tout devient possible : « Avec l’animation image par image, originellement utilisée pour les marionnettes, cela nous permet de travailler avec de vrais objets sans les dénaturer, car il était hors de question de les doter de bouche ou d’yeux ! »

Parler des hommes via ses objets

Dresser un portrait de la société occidentale, ses défauts, ses manies, ses travers, c’est le but de cette série au ton léger mais dense en réflexion. Hadrien Cousin développe : « l’idée est de parler de sujets de société avec un ton ironique. On parle aussi bien de l’emploi, des seniors, du racisme. On ne se prive pas ! » Pour cela, avec Guillaume Le Gorrec, l’autre scénariste, ils ont imaginé quatre décors ; une cuisine (le monde du travail), une salle de bain (le monde de la corruption), une chambre (monde des rêves et des contes), et enfin un salon (monde plus neutre de passage).

« Ces microcosmes, ces mini-sociétés, poursuit-il, permettent de poser un regard un peu sociologique sur le monde qui nous entoure. » Un exemple ? Le marque-page incarne le monde d’hier, du papier, alors que le portable incarne un temps présent plus rapide, les deux objets ne se comprennent pas, ne parlent pas la même langue. « Il y en a un qui est "no filter" et "hashtag", l’autre plutôt Les Liaisons dangeureuses ! »

 

Dentifrice et brosse à dents, les deux vedettes de la série d'animation de Arte, Objectivement. - Arte
 

Faire s’affronter les tenants du classicisme et de la modernité sur un ton amusant, c’est la vocation de ce programme court qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Avec Rheda Khateb qui prête sa voix à un rasoir, Sanseverino qui joue un crayon ou encore Alisson Wheeler (miss météo de Canal +) qui incarne une lampe de chevet, petits et grands devraient pouvoir trouver différentes clés d’entrée et grilles d’interprétation de ce monde inanimé devenu vivant.

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