VIDEO. Jon Stewart a présenté son dernier « Daily Show » après 16 ans

TELEVISION L’humoriste américain a eu droit à une standing ovation et à une spéciale dédicace de  Bruce Springsteen jeudi soir…

A.G. avec AFP

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L'humoriste John Stewart (à droite) dans son ultime «Daily Show», le 6 août 2015.
L'humoriste John Stewart (à droite) dans son ultime «Daily Show», le 6 août 2015. — Brad Barket / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

John Stewart a fait ses adieux au Daily Show. Avec Bruce Springsteen et une standing ovation, l’humoriste américain a tourné la page jeudi soir du talk-show, dans lequel il s’était imposé durant 16 ans comme le roi de la satire politique et médiatique.

Ironie de l’histoire, celui qui a changé le regard de millions d’Américains sur les médias et les hommes politiques, a fait sa dernière émission le jour du premier débat républicain pour la présidentielle 2016, dont il se serait régalé.

Des vidéos d’adieu enregistrées par Hillary Clinton ou encore John McCain

Bruce Springsteen avait fait le détour pour l’occasion, et l’a remercié à la fin de deux chansons, Land of Hope and Dreams et Born to run.

Pour cette émission exceptionnelle d’une heure, plusieurs célébrités avaient enregistré des vidéos d’adieu très brèves, plus ou moins drôles, dont Hillary Clinton, le secrétaire d’Etat John Kerry, le sénateur John McCain, ou l’animateur de Fox News Bill O’Reilly.

Des comédiens lancés par le Daily Show y ont aussi fait une apparition, dont John Oliver et Stephen Colbert, qui a salué « un grand artiste et un homme bon », auquel, a-t-il dit, « nous devons beaucoup ».

Même Barack Obama lui a rendu hommage

La Maison Blanche a également tweeté ce que le président Obama avait dit à Jon Stewart sur son plateau le 21 juillet : « Je publie un nouveau décret. Jon Stewart ne peut pas quitter l’émission ».

Mais l’humoriste l’a fait, refusant de prononcer un quelconque « adieu » ou « au revoir », préférant parler d’une pause dans la conversation. Il a remercié longuement ses équipes, sa femme, leurs deux enfants, et son audience.

Influence en politique

Impitoyable, drôle, résolument à gauche, il avait commencé à présenter le Daily Show sur Comedy Central en 1999, et s’était fait rapidement une place unique dans le paysage audiovisuel américain, force d’influence au carrefour de la politique, du journalisme et du divertissement.

Détesté par certains conservateurs, adulé par ses fans, dont certains étaient arrivés jeudi à 4h30 du matin pour assister à sa dernière émission, il faisait rire mais aussi réfléchir. Son Daily Show était une parodie de journal télévisé, décryptant au laser, quatre soirs par semaine durant 30 minutes l’information du jour, mettant en pièces les déclarations des hommes politiques, soulignant avec humour les incohérences et l’hypocrisie. Il se moquait aussi avec jubilation des couvertures improbables des chaînes d’information en continu, Fox News et CNN notamment.

Et il questionnait un invité quotidien, célébrité ou homme politique : trois présidents américains - Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama- sont notamment passés sur son plateau, ainsi qu’Hillary Clinton, Angelina Jolie, Michelle Obama ou la jeune Pakistanaise, prix Nobel de la Paix, Malala Yousafzai.

1,3 millions de téléspectateurs

Jon Stewart, 52 ans, était regardé en moyenne par 1,3 million d’Américains par jour, des centaines de milliers d’autres le regardant sur Internet, notamment des jeunes qui s’informaient grâce à son émission.

Le Daily Show, qui lui a valu 22 Emmy Awards et deux Peabody Awards, sera repris en septembre par le comédien sud-africain Trevor Noah. Il a fait une brève apparition jeudi soir, prenant les mesures de son futur espace de travail. Jon Stewart, qui avait annoncé son départ en février, est resté flou sur ce qu’il comptait faire ensuite.