Déprogrammation de «MasterChef»: La cuisine à la télé fait-elle encore recette?

TELEVISION Entre les audiences en berne de « Qui sera le plus grand pâtissier ? » et la déprogrammation de « MasterChef », les émissions culinaires à la télé n’ont plus le vent en poupe…

Clio Weickert

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MasterChef saison 5
MasterChef saison 5 — STARFACE/TF1

Malgré le pullulement de programmes culinaires en tout genre à la télévision, le secteur ne fait plus assez recette. Du moins en période estivale. Faute d’audience et malgré une nouvelle formule, TF1 a déprogrammé MasterChef de sa chaîne ce lundi, au bout de deux émissions seulement.

TF1 déprogramme « MasterChef »

Et sur France 2, ça ne va guère mieux : le lancement de Qui sera le prochain grand pâtissier ?, le 30 juin, n’a attiré que 2 millions de téléspectateurs, soit près de 300.000 de moins que l’an dernier. Les Français en auraient-ils ras le bol de la cuisine à la télé ? La question n’est pas vraiment nouvelle : 20Minutes se la posait déjà il y a six mois

Ras la casquette des recettes

« Le principal défaut de la télé aujourd’hui, c’est que lorsqu’elle a un filon, elle l’exploite jusqu’à ce que les téléspectateurs n’en peuvent plus. On finit par s’y perdre, il y en a partout », explique Virginie Spies, analyste des médias et maître de conférences à l’université d’Avignon. Il faut dire que ces dernières années, les chaînes ont envoyé la sauce côté cuisine. MasterChef, Top Chef, Dans la peau d’un chef, Qui sera le prochain grand pâtissier ?… De véritables poules aux œufs d’or qui ont passionné les Français. Jusqu’à l’indigestion ?

Une déprogrammation exceptionnelle

MasterChef déprogrammé de la grille de TF1 pour être relégué sur NT1, cela s’appelle un fiasco en télé. Avec 2,7 millions de téléspectateurs, les deux premiers épisodes n’ont pas rencontré le succès escompté par la Une. Le second a même été devancé jeudi dernier par Bones, la série policière de M6. Pour Virginie Spies, « déprogrammer, c’est avouer l’échec, et savoir que n’importe quelle fiction à la place fera toujours mieux, une rediffusion de Joséphine, ange gardien par exemple ! ».

Une période estivale compliquée

Si la direction des programmes de TF1 est restée injoignable ce lundi, Shine France, producteur du programme, semble mitigé. « Il n’y a pas grand-chose à dire », a confié son service de communication à 20 Minutes. « On est très content de ce programme, triste qu’il n’ait pas rencontré son public, mais la bonne nouvelle c’est que ca revient sur NT1 le 30 juillet. » Un échec, mais pas vraiment une surprise. « Programmer MasterChef l’été, c’est ne pas lui laisser sa chance, estime l’analyste médias. C’est le signe qu’en termes de programmation on y croit moyennement ». Car l’été est une période critique. « C’est difficile d’investir pour les chaînes. On n’est jamais sûr que ça va fonctionner et ce n’est pas le moment de prendre des risques : il n’y a aucune audience garantie », précise Virginie Spies.

Bye bye la cuisine à la télé ?

Malgré ces audiences en berne et ces déprogrammations soudaines, ces échecs ne signent pas la fin du genre, selon l’analyste. « Je suis persuadée que les programmes culinaires n’ont pas fini d’exister. Il faut peut-être renouveler le genre mais on continuera de parler de la bouffe d’une manière ou d’une autre… La cuisine à la télé existe depuis 50 ans, elle est aussi vieille qu’elle ! »