Fichez-nous la paix avec votre p**** de «Game of Thrones»!

TELEVISION Tous les Français ne se passionnent pas pour la série phénomène et certains ont même ras-le-bol du remue-ménage systématique autour de sa diffusion…

Anaëlle Grondin
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Emilia Clarke alias Daenerys Targaryen dans la saison 5 de «Game of Thrones»
Emilia Clarke alias Daenerys Targaryen dans la saison 5 de «Game of Thrones» — HBO

«C’est usant d’en entendre parler partout», «marre d’être obligé d’être au courant de tout sur cette série sans le vouloir»… Game of Thrones a beau être une fiction télé hors norme, un phénomène de société, la série la plus piratée et sans doute la plus regardée sur la planète, tout le monde n’y adhère pas forcément. Oui, vous avez bien lu, il existe des personnes qui n’aiment pas et/ou ne regardent pas Game of Thrones.

Avec ses «Ne me spoile pas la saison 5!», «Tu as téléchargé les quatre épisodes qui ont "fuité"?», «Tu as lu les livres, toi?», l’engouement des médias et des fans lors de la diffusion chaque saison est au mieux incompréhensible pour ces irréductibles téléspectateurs, au pire très agaçant.

«Tu sors tout de suite d’une conversation» 

«Il ne se passe pas un seul jour sans que je tombe sur Facebook sur un article à propos de "GoT". Relou! Le matraquage médiatique ne me donne pas envie de regarder», lance Thomas, 31 ans, chauffeur-livreur dans le Maine-et-Loire et internaute de 20 Minutes. Ceux qui ne suivent pas la série peuvent surtout avoir le sentiment d’être «exclu» en société, lorsque leur entourage compte plus d’un fidèle. «Tout le monde autour de moi ne parle que de ça dès qu'un nouvel épisode sort», s’exclame Inès, 22 ans, étudiante en école de commerce venue de Strasbourg, qui a également accepté de témoigner en tant que «non fan». «Tu sors tout de suite d'une conversation dès que tu mentionnes que tu ne regardes pas cette série», renchérit Carole, 30 ans, consultante marketing en région parisienne. «Les gens sont à fond  - ce que je peux comprendre -, ce qui explique que l'échange se poursuive sur la série, car dans un groupe il y en a toujours au moins un qui l'a vue», déplore-t-elle.

Hugo, 18 ans, se retrouve constamment dans cette même situation. «Mes amis très proches regardent tous Game of Thrones.  C’est assez énervant d’en entendre parler tout le temps et c’est excluant pour une personne qui ne regarde pas comme moi, affirme ce Grenoblois. Moi je ne comprends pas pourquoi ça les fascine autant et eux ne comprennent pas que je ne puisse pas regarder.» Mais le jeune homme, qui dit tout de même trouver «le générique fantastique», semble avoir la solution imparable pour continuer à interagir avec ses copains sans voir Game of Thrones interférer: «Ce qui est drôle, c’est les voir s’énerver quand quelqu’un "spoile" un épisode. Parfois je me renseigne sur la fin d’un épisode crucial pour pouvoir les menacer, et bizarrement on change de conversation. Je reconnais que c’est assez sadique.»

«Ne pas regarder "GoT" est peut-être hors-norme» 

Pour lui, «GoT» est surtout «un phénomène de mode»: aujourd’hui, «ne pas la regarder est peut-être hors norme», avance-t-il. Parfois, la pression sociale est tellement forte que certains finissent par s’y mettre, tout simplement. C’est le cas de Julie, 24 ans, une autre internaute de 20 Minutes, qui vit à La Ciotat. «Je ne voulais pas la regarder et au bout d'un moment je me suis dit "il y a tellement de personnes qui en parlent, il faut voir ce que ça donne!"», explique-t-elle avant de confier: «J’ai regardé le premier épisode depuis je suis accro. J'en suis à la saison 4 en même pas 15 jours!»

Bientôt tous convertis? Certainement pas. Inès n’aime pas la «vision réductrice de la femme qui est donnée dans cette série», comme d’autres ne sont pas attirés par son côté fantastique, sa violence ou les costumes médiévaux. Hugo pense au contraire qu’avec tout ce raffut autour de Game of Thrones les téléspectateurs «risquent d’être lassés, comme on se lasse d’une mode».