Charline Vanhoenacker: «La connerie, j'en fais surtout ma base de travail»

INTERVIEW La seconde émission de «Je vous demande de vous arrêter» est diffusée ce mardi à 20h50 sur France 4...

Propos recueillis par Clio Weickert
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Charline Vanhoenacker et sa bande autour du plateau de
Charline Vanhoenacker et sa bande autour du plateau de — France 4

Charline Vanhoenacker remet le couvert à la télévision en prime, ce mardi soir sur France 4. Pour la seconde et dernière fois. Car si Je vous demande de vous arrêter, son talk-show éphémère dédié à la connerie sous toutes ses formes, l'a bien fait marrer, cette passionnée de radio préfère se consacrer aux ondes. «L'humeuriste», comme elle se nomme elle-même, a accepté de répondre aux questions de 20 Minutes sur cette expérience télévisuelle, avec le franc-parler et l'autodérision qui la caractérisent.

Comment cette émission est-elle venue à vous?

Il ne devait y en avoir qu’une seule! Je n’en voulais pas d’autres. Je me suis fait avoir, il y en a eu deux! Je n’ai pas trop de temps pour la télé, mon cœur de métier c’est la radio. Mais je pense qu’on m'a sollicitée pour  mon esprit satirique, et la connerie est une porte d’entrée pour aborder la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

Vous êtes vous-même spécialiste dans le domaine?

Non je ne pense pas, mais je suis très flattée qu'on ait pensé à moi. Ma bande et moi sommes connus pour notre autodérision. La connerie, j’en fais surtout ma base de travail.

Vous avez accepté ce programme alors que vous aviez déclaré au site Puremédias: «Pourquoi j’irais me faire chier à la télé où on passe plus de temps à se maquiller qu'à réfléchir?»...

Je maintiens! La télévision c’est du show, une grosse machine. Moi ce que j’aime faire, c'est de la satire politique et sociale, du journalisme et de l’humour mélangés. Je le fais de façon libre et efficace avec un rendement et une implication qui me conviennent tout à fait à la radio. La télévision, ça a mis des mois et ça a mobilisé beaucoup plus de personnes. J’ai le sentiment de faire pareil en radio mais en étant plus directe.

Vous pensez que la parole est moins libre en télé?

Elle l’est un peu moins, sauf avec cette émission où j’ai été agréablement surprise. A aucun moment France 4 et notre producteur nous ont dit: «Non, ça on ne peut pas le faire». En radio personne ne regarde au-dessus de mon épaule, personne ne relit mon texte. C’est un luxe inouï. A la télévision, d’habitude votre chronique passe entre trois ou quatre paires de mains et il y a toujours ce souci de fédérer. Voilà la raison de ma méfiance vis-à-vis de la télé. 

Vous n’avez pas reçu que des bonnes critiques sur cette émission, cela vous touche?

Non, je fais beaucoup plus attention aux critiques sur la radio. La critique télé est devenue un sport. J’ai lu tout et son contraire, c’est la fosse aux lions. Mais honnêtement, je m’attendais à pire, pour une émission pilote, je trouve qu’on s’en est bien tiré.

Au contraire, Si tu écoutes, j’annule tout sur France Inter cartonne, pourquoi selon vous? 

Cette émission, c’est moi. La radio ne ment pas, il n’y a pas de mise en scène, il y a 0% de fake. En radio il faut faire quelque chose qui vous ressemble. 

Comment vous êtes-vous préparée pour travailler à la télé?

Je ne me suis pas préparée, ça s’est peut-être senti d’ailleurs! Je fais toujours les choses de façon naturelle. Je suis arrivée en télé comme je le suis en radio, avec le seul souci de bien m’adresser aux téléspectateurs. 

Vous vous sentiez capable de prendre les rênes de cette émission? 

Non, pas du tout. Le producteur et la chaîne sont dingues car ça aurait pu complètement foirer! Je ne savais pas si j’étais faite pour ça. Mais France 4 m’a prouvé qu’une chaîne pouvait vous laisser une certaine liberté d’expression, ne pas regarder votre copie. Il paraît qu'il y a eu quelques serrages de fesses, mais ils ont tout laissé passer, c’est très bon signe! 

Et bien que j’ai plus ou moins prouvé que je pouvais tenir une bande en radio, je voulais voir si j’étais capable d'en tenir une en télé. D’après la production, le pari est réussi, j’ai un job de chef de bande qui est validé, donc ça me fait plaisir.