Pef: «Pour un humoriste, les rôles dramatiques sont souvent perdus d'avance»

INTERVIEW Un premier rôle dramatique dans «Disparue» lancée ce mercredi sur France 2, «Les Profs 2» et un Gaston Lagaffe au cinéma: Pierre-François Martin-Laval évoque ses projets avec «20 Minutes»…

Annabelle Laurent

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Pierre-François Martin-Laval dans
Pierre-François Martin-Laval dans — Etienne Chognard/CCSP/ QUAD/FTV

Il rêvait d’un rôle dramatique. Disparue, la nouvelle série policière de France 2 (8x52 min) lancée ce mercredi, offre à Pierre-François Martin-Laval celui d’un père en pleine descente aux enfers après la disparition de sa fille de 17 ans, le soir de la fête de la musique. Face à l’immobilisme de la police, il décide de mener l’enquête. L'univers est sordide, aux antipodes de celui côtoyé jusqu’ici par l’ex-Robin des Bois dont le second volet des Profs, succès du box-office en 2013, est attendu en juillet, et alors qu'il vient de décrocher l’adaptation au cinéma de Gaston Lagaffe.

C’est votre premier rôle dramatique. C’était l’idée de qui? 

Il y a quatre ans j’avais lancé une bouteille à la mer par mail aux directeurs de casting parisiens, en expliquant qu’au bout de 20 ans de burlesque, j’avais envie d’un personnage plutôt noir. Il ne s’est rien passé. Jusqu’à ce qu’une directrice de casting s’en souvienne et me présente à la réalisatrice Charlotte Brandstörm, qui par chance ne me connaissait pas, et n’avait donc aucun préjugé. Mais j’ai passé des essais pendant un mois, ce n’était pas évident. Ils n’imaginaient pas pour le rôle un «comique», elle s’est battue pour les convaincre. Pour les humoristes, c'est souvent un combat perdu d'avance. Je commençais à me dire que j’allais passer ma vie sans pouvoir explorer d’autres genres.

Comment s’est passé votre premier essai? 

J’en avais tellement envie qu’à la première prise, j’étais complètement nul. C’était ridicule, rien n’est sorti. Heureusement la réalisatrice était bienveillante, et à la 2e prise, c’était parti.

Disparue : bande-annonce de l'épisode 1

L’histoire est particulièrement tragique. Le tournage n’a pas été trop pénible? 

Tendu. Chaque jour qui passait, je me disais que j’avais fait le plus dur, et le lendemain était encore pire. Mais c’est curieux: c’est de la souffrance, mélangée au plaisir d’habiter un personnage. Tout au long des 88 jours du tournage, je me suis projeté dans l’histoire de ce père avec un respect pour l’histoire, comme si elle était vraie. Par respect pour les parents à qui c’est arrivé. 

«Les Profs 2» sera en salles le 1er juillet. Comment s’est passé le tournage? Kev Adams assure que son rôle a beaucoup évolué…

Oui, son rôle est dix fois plus intéressant que dans le premier. Je lui ai écrit une histoire rien que pour lui. Et une vraie complicité est née. Je ne le connaissais pas sur le 1, et là on était comme un duo, avec un vrai travail créatif à deux. On a tous beaucoup changé depuis le 1, où je ne savais pas où j’allais. Là, les gens étaient en confiance, donc à l’aise pour donner le meilleur d’eux-mêmes, et le tournage était assez délirant.

On vient d’apprendre que vous allez adapter Gaston Lagaffe au cinéma. Comment l’avez-vous décroché? 

Ça fait des années qu’on est beaucoup à en rêver. Franquin, c’est un génie. On l’a emporté avec le producteur Romain Rojtman, et c’est un honneur! Quand on a rencontré l’éditeur, j’avais proposé de faire un happening, je suis arrivé déguisé en Gaston, dans sa voiture, une vieille Fiat que j’avais louée, ça les a fait rire.

Gaston Lagaffe dit non aux cadences infernales, en 2004 lors de l'exposition à s'expose a la Cite des sciences et de l'industrie. - LYDI/SIPA

Le happening n’a pas dû être ce qui a joué pour que vous l'emportiez... 

Non, je crois que dans mon premier film Essaye-Moi ils appréciaient ma manière de faire du burlesque. Et j’ai des points communs avec Gaston. Je suis un enfant de Pierre Richard. C’est des choses que j’aime traiter, l’innocence, la naïveté, la maladresse, même si ce n’est pas moi qui vais l’interpréter…

C’est sûr?

Gaston est plus jeune que moi. Et je suis loin d’en être au casting. Je vais démarrer l’écriture et l’important pour l’instant est d’avoir une bonne histoire, sinon on est malheureux au tournage. J’ai énormément réécrit Les Profs 2. C’est important d’avoir un grand personnage, mais il faut éviter le film à sketchs.