France Télévisions: Rémy Pflimlin précise au CSA ses intentions pour sa candidature

TELEVISION L’actuel patron des chaînes du service public souhaite, entre autres, que les séries produites par le groupe comptent davantage d'épi…

J.M.

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Rémy Pfimlin, à Paris, le 20 janvier 2015.
Rémy Pfimlin, à Paris, le 20 janvier 2015. — Revelli-Beaumont/SIPA

Le changement dans la continuité. S’il fallait trouver un slogan à sa campagne, on suggérait à Rémy Pflimlin d’emprunter celui-ci. Parmi les 33 candidats au poste de patron de France Télévisions, plusieurs d’entre eux  se sont fait connaître, comme l’actuel président, Rémy Pflimlin. Impossible pour lui de détailler son projet qu’il réserve pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui désignera le ou la prochain(e) président(e) entre le 22 avril et le 22 mai pour une prise de fonction mi-août. Mais devant l’Association des journalistes médias, l’actuel président du groupe France Télévisions a précisé ce jeudi ses intentions. 

Davantage de créativité

«Après cette période de cinq ans où j’ai été un peu l’architecte, il faut qu’on se tourne davantage vers la créativité, aussi bien dans le fonctionnement de l’entreprise, que dans la prise de risques de nouveaux programmes.» Une manière de répondre à l’une des critiques que lui a adressé le CSA concernant le «manque d’audace» dans la fiction. «Mais la fiction s’est incroyablement redressée depuis. Lorsque je suis arrivé en 2010, les programmes des fictions pour les deux années à venir étaient bouclés.»  A titre d’exemple de redressement, il évoque les séries Chefs et Les Témoins, avec Thierry Lhermitte, qui s’est permis de battre Les Experts de TF1 sur le terrain de l'audience. «L’idée des Témoins m’a été présentée en septembre 2011», assène-t-il...

Mais Rémy Pfimlin n’est pas pour autant satisfait. Les séries de France Télévisions sont encore «trop courtes»: «Il faut passer à 8 ou 10 épisodes comme le font les Anglo-Saxons, on pourra davantage les vendre.» On lui a reproché d’avoir concentré ses fictions en prime-time, ce qui aboutit à un certain formatage. «Je reçois cette critique: nous devrons dégager des moyens pour lancer des fictions de deuxième partie de soirée, créatives et différentes.»

Pas question de supprimer une chaîne

Dégager des moyens? Et si l'on supprimait une des cinq chaînes pour faire des économies? Hors de question pour Rémy Pflimlin, qui rappelle que France Ô et France 4 fonctionnent déjà avec des «budgets réduits». Non, il veut que l'identité de chaque chaîne soit préservée. Et s’il regrette que le service public ne possède pas de chaîne d’information -  «une erreur du pouvoir politique à l’époque du lancement de la TNT»-, Rémy Pflimlin souhaite s’appuyer sur un projet de «chaine d’info sur les écrans connectés».

Le numérique oui, mais d'abord le linéaire

Concernant le numérique, il rappelle que France Télévisions vient de lancer ce jeudi sa plate-forme éducative en direction des plus jeunes, FranceTVEducation et vante les innovations de la plate-forme Studio 4 de France 4. «Mais la consommation linéaire demeure un élément clé car il continue de toucher massivement les concitoyens». Et ce pour «de nombreuses années à venir». Enfin, Rémy Pflimlin insiste sur l'«utilité dans la société» de France Télévisions, se félicitant des succès de Génération quoi?, de Homos, la haine, ainsi que de la plate-forme sur les violences conjugales. «Mais nous devons progresser sur la prise en compte de la diversité de la population.»