«Nous avons été liés par les chansons qu’on a écrites», confient Alain Souchon et Laurent Voulzy

INTERVIEW Les deux complices, bientôt sur les routes pour leur première tournée en duo, se racontent dans un portrait croisé diffusé lundi soir sur France 3...

Laurent Voulzy et Alain Souchon se sont confiés à Mireille Dumas dans un documentaire diffusé ce lundi sur France 3.
Laurent Voulzy et Alain Souchon se sont confiés à Mireille Dumas dans un documentaire diffusé ce lundi sur France 3. — Bernard Barbereau/FTV 2015

Quarante ans après leur rencontre, Alain Souchon et Laurent Voulzy vont bientôt faire leur première tournée en duo. Les deux artistes sont réunis par Mireille Dumas dans un portrait croisé plein de tendresse et de malice, Alain Souchon et Laurent Voulzy: le duo magique, ce lundi à 20h50 sur France 3. Rencontre avec les deux complices.

Vous vous racontez comme jamais dans ce documentaire…

Alain Souchon. Je me suis dit que j’étais fou de parler de ma famille, de tout, comme cela. Mais j’ai vu des tas d’émissions sur des gens que j’aime bien et ça me faisait plaisir de les entendre. Alors, je m’y suis fait.

Laurent Voulzy. J’ai toujours un peu de mal à parler des choses intimes. Quand ça touche à la biographie, on blesse des gens obligatoirement, même si on ne dit pas de mal mais parce qu’on va forcément omettre des gens qui ont compté pour nous.

A.S. T’as dit que j’étais un bon chanteur?

L.V. Oui, je l’ai dit.

A. S. Ça va alors! (rires)

Et Mireille Dumas

L.V. Elle est incroyablement…

A.S. … charmante, gentille et sympathique. Elle vous embarque et on se laisse embobiner.

Votre première rencontre?

A.S. On s’est trouvé sympathiques. Bob Socquet a eu l’idée de nous faire travailler ensemble et petit à petit, je me suis dit : «Il est vraiment sympa ce gars-là».

L.V. Oui, on est devenus amis avec le temps. Nous avons été liés par les chansons qu’on a écrites.

A.S. Oui, on essayait de chanter chacun dans notre coin depuis des années, et ça ne donnait pas grand-chose.

L. V. Très vite, on a écrit J’ai dix ans. Ça passait beaucoup à la radio, on était bluffé par ça, par la reconnaissance des gens.

Votre relation 40 ans après?

A.S. Un lien très spécial qui nous dépasse, intéressant à vivre. C’est plus fort que l’amitié c’est fraternel, mais sans la rivalité qui existe entre frères.

L.V. Avec le temps, nos familles et nos enfants se connaissent, on devient comme de la même famille. C’est très curieux.

La recette de ce «duo magique»?

A.S. Il n’y a pas de recette, c’est le hasard. Je crois qu’il faut être très différent, se fasciner un peu. Il est plus musical que moi, et poète aussi. Se fasciner, ça amène le respect, une espèce de force qui vient de l’autre, qui vous impressionne un peu.

L.V. Oui. La façon dont Alain écrit reste un mystère pour moi. Imaginons qu’on ait un mot, juste après, il va écrire un truc et je vais me dire: «Ce mec-là, il fait mal». Le succès nous a rapprochés, on est heureux de partir ensemble pour écrire. Et, on n’a pas trop de problèmes d’ego, je crois…

A. S. Moi, si. J’ai un peu la grosse tête! (rires)

Votre méthode de travail?

A. S. Il m’impose des musiques, je n’ai rien à dire. Et il me dit: «Dis ça» et je le dis!

L.V. C’est un tout petit peu faux!

A. S. Oui, c’est faux.

Vous n’écrivez pas toujours ensemble…

L.V. Quand il fait seul une chanson qui marche, je suis heureux pour lui.

A. S. Ça t’énerve!

L.V. Quand c’est Foule sentimentale, je me dis que j’aurais mieux fait de la faire avec lui! (rires)

La qualité que vous aimez le plus chez l’autre?

A. S. C’est un homme gentil. J’aime la gentillesse, c’est très important dans les rapports humains.

L.V. J’aime bien écouter sa réflexion sur le monde.

A.S. Et je sais plein de poésie et ça te bluffe.

L.V. Oui, il est capable de me sortir une tirade que je n’ai jamais entendue alors qu’on se connaît depuis plusieurs décennies. Je ne sais pas comment il fait.

Le défaut ou la manie?

A.S. Je ne vois pas. Ah, si! Il est feignasse avec les textes. Alors qu’il écrit des trucs vachement bien comme Amélie Colbert, il ne bosse pas. Il se dit : «Alain le fera». Et hop, il part avec sa poule au bord de la mer!

L.V. Ah, la caricature (rires). Un défaut...

A.S. Déjà, je suis très beau physiquement et ça t’énerve!

L.V. Oui, il y a cette jalousie constante quand je te regarde et que je me vois dans un miroir! Moi, je suis toujours un peu en retard, et Alain, toujours archi prêt. Il me dit: «Dépêche-toi» et je lui dis : «Il n’y a pas le feu».

Bientôt votre première tournée ensemble…

A.S. Je vais dans des hôtels de luxe et lui, dans des petits hôtels de gare, c’est prévu comme cela.

L.V. (rires) On travaille, on répète, on répète.

A.S. On mélange nos chansons, nos univers. Il faut faire comme une troisième personne qu’on inventerait à partir de nous deux

L.V. Oui, c’est très sympa de faire des voix sur nos chansons respectives.