Gérard Miller redécouvre Gérard Depardieu pour France 3

PSYCHALYFILM Le documentaire, diffusé lundi à 20h50, revisite «l’homme dont le père ne parlait pas»...

Alice Coffin

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Gérard Depardieu
Gérard Depardieu — Eyedea Presse

Que peut-on encore dire sur Gérard Depardieu? Beaucoup, prouve le documentaire que lui consacre Anaïs Feuillette et Gérard Miller. Depardieu, l’homme dont le père ne parlait pas diffusé lundi à 20h50 sur France 3 suit la même démarche documentaire déjà appliquée par les mêmes auteurs à Dominique Strauss-Kahn ou Jérôme Cahuzac. «Je pars d’un paradoxe, explique Gérard Miller. Avec DSK, c’était: comment aussi prêt de la victoire a-t-il pu commettre une faute aussi grave? Avec Depardieu, c’est pourquoi a-t-il changé à ce point? Comment celui qui représentait un des plus grands héros français et un sens de la France a-t-il pu récemment représenter l’inverse de ce qu’il semblait avoir construit depuis 40 ans?» De ce questionnement naissent de nombreuses révélations sur Gérard Depardieu.

Le mutisme du père

Le père de Depardieu, André dit «Dédé», parlait peu. Gérard Miller explique, comment, «par mimétisme, le syndrome paternel est devenu le sien», mais comment aussi on ne comprend rien à Depardieu sans saisir, comme le souligne Serge Toubiana, un des nombreux témoins interrogés, que «le langage est ce qui le caractérise au plus profond».

La conversion  à l’islam

Gérard Depardieu, raconte le film, a fréquenté la mosquée de Paris, lu le Coran et fait ses prières cinq fois par jour pendant deux ans. Ce, après avoir vu un concert d'Oum Kalthoum à l'Olympia en 1967. «Ce n’est pas un scoop, pointe Miller. Cela avait déjà été dit dans un entretien, mais personne n’y avait prêté attention. Je ne suis pas journaliste, je ne suis pas policier, donc très souvent ce que je découvre est déjà sorti, mais n’a pas été valorisé.»

L’absence de culpabilité

Pour Miller, «l’incroyable sans-gêne de Depardieu, son «absence totale de culpabilité» , est à lier au Depardieu enfant auquel «son père n’a jamais dit non. Depardieu est l’homme sans inhibition ».

Réaimer Depardieu

Ce que nous apprend le film de Gérard Miller, c’est peut-être d’abord cela. «Les gens qui ont vu le film semblent soulager, car il leur est à nouveau possible d’aimer Depardieu, note Miller. Comme beaucoup de monde, je trouve horrible son amitié avec Poutine ou Kadyrov, qui a fait quand même descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue contre Charlie après les attentats. Mais je ne suis pas un procureur, ni un juge, j’adopte un regard que Freud appelle «la neutralité bienveillante». La plupart des lectures récentes de Depardieu sont à charge. On parle de son poids, de son alcoolisme, de ce qu’on imagine être son avidité au gain, de son incapacité à apprendre les textes… »Toutes ces thématiques sont traitées dans le film de Gérard Miller mais insérées dans une lecture plus globale du personnage.

Le prochain film de la collection sera consacré à Ségolène Royal, «La femme qui n’était pas un homme».