«Chefs» (France 2): Comment tourner une série culinaire «crédible»?

EN COULISSES Les épisodes 3 et 4 de la série «Chefs» sont diffusés ce mercredi soir à 20h45…

Annabelle Laurent

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Chefs, diffusé les 11, 18 et 25 février 2015 sur France 2
Chefs, diffusé les 11, 18 et 25 février 2015 sur France 2 — FTV

La vie d’une brigade, son rythme infernal, sa discipline écrasante, sa rigueur au millimètre. Comment traduire l’atmosphère à l’écran sans la trahir, tout en respectant le rythme et les exigences d’un tournage? Tourner une série culinaire, genre inexploité en fiction jusqu’ici, ça ne s’improvise pas. C’est même «un petit tournage dans le tournage», explique à 20 Minutes Xavier Mathieu, le producteur de CALT qui a accompagné Chefs, la nouvelle série de France 2 dont les épisodes 3 et 4 sont diffusés ce mercredi.

De l'observation 

Avant le tournage, l'écriture. Les auteurs de la série Arnaud Malherbe et Marion Festräets voulaient être «tout autant dans l’inspiration documentaire que dans le cartoon». Pour l’aspect documentaire, ils ont passé plusieurs journées en immersion chez une dizaine de grands chefs, dont William Ledeuil, Alexandre Gauthier, Pierre Gagnaire, Mauro Colagreco, Guy Savoy ou Christophe Moret. «On observait tout un service dans la salle de restaurant, puis un autre en cuisine avec la brigade», explique Arnaud Malherbe. De quoi être témoin des tensions et de la discipline militaire qui y est pratiquée. «Le personnage de Yann (le second du chef, agressif incarné par Nicolas Gob), je l’ai vu au Plaza Athénée», explique le réalisateur. Dans l’épisode 4 diffusé ce mercredi, le maraîcher japonais Matsumoto, sorte de magicien des légumes, «existe»: il est inspiré directement d’Asafumi Yamashita, qui fait pousser ses légumes près de Paris pour seulement six chefs (dont William Ledeuil) triés sur le volet avec la même intransigeance que dans la série. 

Une deuxième cuisine

Sur le tournage, il fallait d’abord soigner le décor. La cuisine dans laquelle évoluent Clovis Cornillac et ses sous-fifres est inspirée de celle du Plaza Athénée. Mais ce n’est pas là qu’étaient réalisés les plats. «Il y avait une cuisine en parallèle, évidemment», explique le producteur Xavier Mathieu. C’est là que le second du chef David Toutain réalisait (vraiment) les plats montrés à l’image.

>> Lire par ici l'interview de Clovis Cornillac 

David Toutain aux manettes

Les plats ont tous été conçus spécialement pour la série par David Toutain (une étoile Michelin depuis le 2 février) en accord avec les personnages du Chef (Clovis Cornillac) et de son jeune poulain Romain incarné par Hugo Becker. «Pour le Chef, un quadra-quinqua qui a eu son ascension dans les années 1980, les plats sont plus traditionnels, explique Xavier Mathieu. Et pour ce que réalisait Romain on lui avait demandé une cuisine plus spontanée, inspirée, incisive.» Toutes lesrecettes feront l’objet d’un livre (Solar Editions, 25 février).

>> Lire par ici l'interview d'Hugo Becker 

Des formations pour les comédiens

David Toutain a formé les comédiens aux gestes qu’ils devraient accomplir devant la caméra mais «tu ne deviens pas chef en trois mois», explique à 20 Minutes Clovis Cornillac. L’acteur n’a pas appris à faire les plats, mais a ouvert grand les yeux dans les cuisines de grands chefs comme celle de son ami Thierry Marx. Pour voir «quels sont les enjeux, comment tu te déplaces, comment l’info circule, comment tu touches les aliments…». Hugo Becker, qui s’y connaissait aussi peu en cuisine que son personnage Romain, a lui travaillé pendant deux mois et demi pour apprendre les gestes et la découpe.

Des professionnels de la restauration au casting  

Dans la brigade que vous voyez s’agiter en cuisine autour de Cornillac, il y a les acteurs: Nicolas Gob (Yann), Joyce Bibring (Charlène), Anthony Pho (Woo), Laurent Ménoret (JC), en plus de Clovis Cornillac et Hugo Becker, Zinedine Salem, Anne Charrier et Jean Bediebe.Tous les autres sont des professionnels de la restauration. La vie de brigade et celle du tournage se télescopaient. «Il ne fallait pas que la cuisine ou les plats ralentisse l’énergie du tournage ou des comédiens, explique Xavier Mathieu. Il fallait trouver le bon timing».