Le CSA «instruit un dossier» à la suite des propos de Roland Dumas

TELEVISION Interpellé à la suite de la sortie de Roland Dumas sur le Premier ministre sur BFMTV et RMC, le gendarme de l'audiovisuel a ouvert une instruction...

Anne Demoulin

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L'ancien président du Conseil constitutionnel et ex-ministre socialiste Roland Dumas dans son cabinet d'avocat à Paris, le 15 décembre 2014
L'ancien président du Conseil constitutionnel et ex-ministre socialiste Roland Dumas dans son cabinet d'avocat à Paris, le 15 décembre 2014 — Joël Saget AFP

L'ex-ministre PS des Affaires étrangères Roland Dumas était l’invité ce lundi matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, pour la publication de son livre Politiquement incorrect. «Vous savez, Manuel Valls est marié à quelqu'un qui a de l'influence sur lui», lance Roland Dumas à Jean-Jacques Bourdin. Un peu plus tard, le journaliste le relance: «Il est sous influence juive?». «Probablement, je peux le penser», lui répond l'ancien président du Conseil constitutionnel, évoquant ses «alliances personnelles» et, sans la nommer, l'épouse du Premier ministre, Anne Gravoin. Les propos, à gauche comme à droite, suscitent le tollé.

 

Une plainte du conseiller national de l'UMP

Mais la polémique vise également la question posée par le journaliste de BFMTV. Le conseiller national UMP David-Xavier Weiss écrit au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), estimant que Jean-Jacques Bourdin a incité Roland Dumas à tenir des propos antisémites.

«Si la question était aussi tendancieuse que la réponse condamnable, M. Bourdin aurait dû, à tout le moins, reprendre M. Dumas ce qu'il n'a pas fait, se contentant de sourire satisfait du buzz qu'il pourrait faire», a-t-il interpellé le gendarme de l’audiovisuel.

Un dossier en instruction

«On a reçu des plaintes et nous instruisons un dossier», a confirmé le CSA à Francetv info et à l’AFP, sans préciser qui était visé exactement dans cette enquête. Le CSA a refusé d’en dire davantage, par respect de «l’instruction en cours».

La question de Jean-Jacques Bourdin fait polémique

De nombreux journalistes ont condamné la manière dont Jean-Jacques  Bourdin a mené l’interview.

«Déontologiquement, la question de Bourdin est inacceptable», estime Maurice Ulrich, éditorialiste à L'Humanité cité par TF1. Sur le site de Challenges, Bruno Roger-Petit, autre éditorialiste, estime que «La mise en cause de la responsabilité du journaliste s’impose.»

De son côté, Jean-Jacques Bourdin défend sur Twitter la «recherche de la vérité»