Lancer le diaporama
© Séverine Brigeot

SERIES TV

«Virage Nord», la mini-série sur les coulisses du foot

Arte diffuse ce jeudi soir les trois épisodes de la mini-série «Virage Nord», un polar aux allures nordiques sur les coulisses du football, meilleure série au dernier festival fiction de La Rochelle... 

C’est arrivé au moment du but. A Arcanville, une petite ville ouvrière du Nord qui ne vit que pour le football, un supporter de 17 ans est assassiné dans les gradins. Personne n’a rien vu. Alors que sa sœur est soupçonnée du meurtre, Alexandra Perrucci (Judith Davis), une inspectrice de police mutée à Paris revient pour mener l’enquête au cœur de ce milieu qu'elle avait voulu fuir. 

Un «whodunit» saisissant 

Une série sur le football, une série sur le Nord, un polar, une histoire d’amour. Virage Nord, meilleure série au dernier festival de la Rochelle, est un peu tout à la fois. «Une ville entière galvanisée par le foot, cela crée de quelque chose de très populaire, sympathique et joyeux, d’autant plus en décalage avec le drame que personne n’avait vu venir. C’est ce qui m’intéressait pour y installer un polar», explique à 20 Minutes l’auteur Virginie Sauveur, qui après avoir signé quatre épisodes de la saison 4 d’Engrenages se retrouvait ici avec le défi d’un «whodunit» à résoudre en seulement trois épisodes de 52 minutes. 

Défi relevé haut la main tant la série se dévore, en déployant l’enquête et ses rebondissements sans négliger, bien au contraire, les tourments plus intimes de ses personnages: un mur de silence entre un père (l'entraîneur du club depuis 30 ans) et sa fille, un couple qui se délite, un autre qui naît...

Nicolas Cazalé et Judith Davis, dans les deux rôles principaux. - © Séverine Brigeot

 

Un air de «Broadchurch› à Boulogne-sur-Mer

Par sa lumière, ses tons froids, sa tension contenue, Virage Nord rappelle les séries scandinaves et britanniques et en premier lieu Broadchurch: une communauté qui s’effrite, les secrets exhumés, la force du décor, aussi. La série a été tournée à Boulogne-sur-Mer, et les scènes de commissariat dans un fabuleux bâtiment aux pieds de béton plantés dans le sable, à quelques mètres des vagues, où est habituellement installée la Chambre de Commerce. «Le parfum mélancolique que ça pourrait donner à l’image» avait fasciné Virginie Sauveur pendant les repérages. 

Boulogne-sur-Mer est transformée en Arcanville, son club en «RCA»: des noms fictifs car «aucun club n’aurait voulu qu’on donne cette image là de lui», explique Virginie Sauveur. Pour s'assurer de la plausibilité du scénario et des magouilles imaginées au sein du club rétrogradé de «D1» en «D2» – (les termes de «ligue 1»  et «ligue 2» n’ont pas pu être utilisés car la marque est déposée), la réalisatrice s’est entourée, avec ses coscénaristes Raphaëlle Roudaut et Clara Bourreau, du journaliste de L’Equipe Vincent Duluc, relecteur attentif. «On savait qu’on était attendues au tournant, note Virginie Sauveur. Surtout trois nanas qui écrivent sur le foot…».