Vince Gilligan: «Walter et Jesse n’apparaîtront pas dans la saison 1 de "Better Call Saul"»

INTERVIEW Le créateur de «Breaking Bad» explique pourquoi il tenait à proposer ce spin-off sur le personnage de Saul Goodman...

Propos recueillis par Philippe Berry

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Le créateur de «Breaking Bad», Vince Gilligan, le 10 janvier 2015, aux TCA de Los Angeles.
Le créateur de «Breaking Bad», Vince Gilligan, le 10 janvier 2015, aux TCA de Los Angeles. — R.SHOTWELL/AP/SIPA

Dur de passer après Breaking Bad. Mais avec la préquelle Better Call Saul, Vince Gilligan et Peter Gould se penchent sur la genèse de l'avocat magouilleur et révèlent une complexité inattendue du personnage.

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Pourquoi avoir choisi de faire un spin-off sur Saul Goodman?

Ça a commencé comme une blague. Et puis on pensait faire une comédie de 30 minutes et que ça serait facile. On s'est rendu compte qu'on avait trop de choses à raconter sur Saul Goodman, sur sa transformation d'un avocat en droit criminel plutôt normal en un avocat de criminels. On a de la chance que Sony et AMC nous aient laissé le temps de concevoir un projet plus ambitieux.

Y songiez-vous dès le début de la saison 2 de Breaking Bad?

Non. Bob Odenkirk nous avait dit en rigolant: «Vous allez me tuer bientôt, on est d'accord, je n'aurai pas à revenir à Albuquerque?» La vérité, c'est qu'on ne sait jamais. On aurait pu détester travailler avec lui mais c'est un plaisir d'écrire ce personnage pour cet acteur.

Le combat n'est-il pas perdu d'avance pour faire mieux que Breaking Bad?

On a dû accepter qu'il serait sans doute impossible de faire mieux. Aucun projet, passé ou futur, ne me rendra jamais aussi fier. Je veux Breaking Bad gravé sur ma tombe. Mais on aime ce personnage et son histoire. Je ne sais pas si la série sera bien reçue. C'est possible que les gens la détestent.

On retrouve des têtes connues. Verra-t-on Bryan Cranston et Aaron Paul?

Walter White et Jesse Pinkman n'apparaîtront pas dans la saison 1. On a pensé à faire du teasing, mais on ne souhaitait pas jouer avec les fans et leurs attentes. On veut qu'ils regardent la série pour elle-même et pas parce qu'ils espèrent un retour d'un personnage qui leur manque.

Donc pas pour la saison 1. Et pour la 2, déjà commandée?

Rien n'est exclu pour la suite. La série se passe six ans avant Breaking Bad, et nous sommes très flexibles avec une chronologie non-linéaire.

La série est diffusée sur Netflix à l'international. La mode du «binge watching» a-t-elle eu un impact sur l'écriture?

Je ne crois pas. J'ai grandi en travaillant sur X-Files sous les ordres de Chris Carter avec une philosophie: laisser le spectateur insatisfait pour qu'il en demande toujours davantage. Qu'il revienne la semaine suivante ou la seconde d'après, ça ne change pas la donne.