L'ascension irrésistible de Saul Goodman

TELEVISION Le spin-off de «Breaking Bad» débarque sur Netflix ce lundi...

Philippe Berry, à Los Angeles

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L'acteur Bob Odenkirk dans la série «Better Call Saul».
L'acteur Bob Odenkirk dans la série «Better Call Saul». — SONY/AMC

Revoilà le roi de l'embrouille. Six ans avant Breaking Bad, l'avocat le plus mal habillé du Nouveau-Mexique se trouve face à son défi ultime: convaincre le jury qu'il peut exister sans Walter White. Après les deux premiers épisodes, disponibles lundi et mardi sur Netflix en France, 24 heures après la diffusion américaine sur AMC, le verdict tombe, unanime: Better Call Saul est tout sauf une arnaque.

La série n'est pas la comédie facile que Vince Gilligan et son compère Peter Gould avaient un temps envisagée. «Comme Breaking Bad, c'est une histoire de transformation, avec 85% de drame et 15% d'humour, souvent noir», glisse l'acteur Bob Odenkirk, sans la gouaille rythmée de son personnage. «Saul Goodman, c'est un masque. Une personnalité créée pour le business. On a l'occasion de remonter aux origines.» Car Saul Goodman n'est même pas son vrai nom. Il s'appelle Jimmy McGill, son bureau se trouve dans un salon de pédicure thaïlandais et il gagne une misère comme avocat commis d'office. «Tu ne préférerais pas te créer ta propre identité?», lui demande son frère. La graine est plantée.

Mike et Tuco de retour

La force de ce spin-off, c'est d'éviter l'effet produit dérivé de franchises comme NCIS ou CSI. Le projet tient sur ses deux jambes et va progressivement s'entrelacer avec la mythologie de Breaking Bad via une chronologie élastique. On retrouve les mêmes scénaristes, le désert d' Albuquerque, un souci du détail et une bande-son qui servent toujours autant l'histoire. Quelques têtes connues reviennent, comme le futur homme de main, Mike (Jonathan Banks), et Tuco, le trafiquant de drogue taré (Raymond Cruz), mais c'est presque anecdotique.

Odenkirk a déjà montré l'étendue de son talent dans la série Fargo, et l'ancien comique a le timing idéal pour faire justice aux dialogues savoureux. Mais c'est finalement dans les silences, comme dans la scène d'ouverture en noir et blanc, déprimante, que la confirmation arrive: Jimmy McGill pourrait bien devenir un personnage aussi complexe et intéressant que Walter White.

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