Hip hop, bling et drama: Le carton surprise de la série «Empire»

TELEVISION Avec Timbaland à la supervision musicale, la série réalise le meilleur démarrage de l'année...

Philippe Berry

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Terrence Howard et Yazz dans la série «Empire», sur Fox.
Terrence Howard et Yazz dans la série «Empire», sur Fox. — FOX

Personne n'a vu venir cet Empire. Lancée à la mi-saison comme un second couteau, la série musicale de Fox a bien débuté. Mais au lieu de s'effriter comme 99% des programmes actuels, elle progresse constamment depuis trois semaines et réalise le meilleur démarrage de l'année 2014-2015, détrônant la reine Shonda Rhimes et son How to Get Away with Murder. Il faut même remonter à Grey's Anatomy pour retrouver une telle progression. C'était il y a dix ans. Tentative d'explication en quatre points.

1. Un cadre prenant

Avec trois ans à vivre, un magnat du hip hop (Terrence Howard) doit décider auquel de ses trois fils il léguera son empire. A moins que son ex-femme, tout juste sortie de prison, ne s'en mêle. Lee Daniels, qui a réalisé Precious et The Butler (Le Majordome en VF), sait assembler un cast afro-américain d'ensemble et façonner des personnages universels. Lucious Lyon, c'est Jay-Z version gangster. Son fils cadet, un chanteur-loveur qui n'a pas fait son coming-out officiel, c'est Frank Ocean. Le benjamin, grande gueule et talentueux, c'est Kendrick Lamar. Et son ex-femme, Beyoncé qui aurait mal tourné.

2. Fox a parfaitement ciblé sa démographie

Sur les chaînes gratuites, la seule cible qui intéresse vraiment les annonceurs publicitaires est celle des 18-49 ans. Avec ce soap opera, Fox a tout misé sur trois fronts: la communauté noire, les jeunes et les femmes. La chaîne a matraqué ses promos pendant les matchs de football américain et la série, avec ses trahisons et ses tromperies hebdomadaires, lorgne plus vers le soap de Scandal que l'authenticité de The Wire. Résultat: 11,3 millions de téléspectateurs hebdomadaires, 62% sont noirs et deux sur trois, des femmes. Mais surtout, la série réalise un énorme score de 4.3 chez les 18-49 ans. C'est plus que Modern Family et pas loin de The Big Bang Theory.

3. La touche Timbaland

Rap, R&B, soul, les chansons originales ont leur place dans le top 40. Logique, quand on retrouve le producteur Timbaland comme superviseur musical. Bien intégrés et en général courts, les intermèdes servent l'histoire et pas l'inverse. Bref, on est loin de Glee. Ci-dessous, les «frères» Yazz et Jussie Smollett, dans la version longue de No Apologies.

4. Un bon titre et une première scène très forte

Cette année, on a eu droit à Selfie, Stalker, Survivor's Remorse (pour une comédie) ou encore Unbreakable Kimmy Schmidt. Dans un océan de titres mal choisis, Empire frappe juste. C'est direct, clair et percutant. C'est l'Empire State of Mind de Jay-Z et celui de César. Et à l'heure où la durée de l'attention diminue, une première scène réussie peut faire beaucoup. La série s'ouvre en musique, avec une artiste qui peine à trouver le bon ton. «Souviens-toi de ton frère qui s'est fait tuer», murmure Lucious. Veronika Bozeman y laisse ses tripes.