Un «Doctor Who» vintage adapté par Stephen Baxter, écrivain renommé de science-fiction

LIVRE L'auteur Stephen Baxter explique à «20 Minutes» pourquoi il a écrit «La Roue de glace», adaptation en roman de «Doctor Who», la série culte britannique...

Joel Metreau

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Peter Calpadi, douzième Doctor Who, et Jenna Coleman, le 22 août 2014, à Londres.
Peter Calpadi, douzième Doctor Who, et Jenna Coleman, le 22 août 2014, à Londres. — Ray Tang/REX/REX/SIPA
  • Doctor Who est une série culte britannique: la série de science-fiction qui connaît le plus long record de longévité.
  • La BBC, qui produit la série, a confié à des écrivains renommés le soin d'écrire des aventures inédites.
  • Stephen Baxter s'est inspiré du héros de son enfance pour réaliser son roman.

Doctor Who, c’est une affaire trop sérieuse pour être confié à n’importe qui. La BBC, qui produit cette série culte britannique depuis 1963, a fait appel à deux prestigieux écrivains anglais de science-fiction pour écrire des aventures spatio-temporelles inédites du héros. D’abord Alastair Reynolds, reconnu pour son extraordinaire Cycle des inhibiteurs, puis Stephen Baxter, dont le Doctor Who: La Roue de glace (21,90 euros, Milady) vient de sortir en France.

De «La machine à explorer le temps» au Tardis

Stephen Baxter, 57 ans, est un auteur prolifique, couronné de nombreux prix. On ne saurait que trop conseiller son brillant Evolution, qui raconte 565 millions d’années d’évolution des espèces. Mais ce sont ses Vaisseaux du temps, une suite imaginée au classique La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, qui le rapproche davantage des délires de Doctor Who. Car cet extra-terrestre à forme humaine, qui change régulièrement d’apparence (et donc d’acteur), voyage dans le temps grâce à son «Tardis», maquillé en cabine téléphonique.

«L’horreur à l’heure du thé!»

«Quand j’étais enfant, je regardais Star Trek et Doctor Who, confie Stephen Baxter à 20 Minutes. C’était nouveau à la télévision, certains critiquaient la série pour être un peu légère en matière de science-fiction. On y voyait quand même beaucoup de personnes en train de subir d’étranges transformations. C’était de l’horreur à l’heure du thé!» Dans les années 1980, la série décline et perd de l’audience. Elle quitte le petit écran avant un revival réussi à partir de 2005. Entre-temps, «les fans avaient pris la relève en écrivant eux-mêmes des fictions et en dessinant des comics, c’était la seule manière de perpétuer le mythe», rappelle Stephen Baxter pour justifier de la novélisation de la série.

A gauche, Patrick Troughton, le deuxième Doctor Who, et le comédien Tobias Vaughan. - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

«Des blagues puériles»

Les acteurs se succèdent au gré des réincarnations du Docteur. Dans La Roue de glace, Stephen Baxter est resté fidèle au deuxième, interprété par Patrick Troughton, «plus enjoué et juvénile que le précédent, qui avait un aspect grand-père grincheux. » L’auteur britannique reconnaît avoir aussi un faible pour le docteur juvénile auquel Christopher Eccleston a prêté ses traits: «Il avait un caractère de vétéran de guerre, dissimulant des blessures intimes». A l’égard du comédien Peter Capaldi, nouvel héros de la saison 8, diffusée sur France 4 en mars, il manifeste quelques réticences… «Certains dialogues contenaient des blagues puériles et il y avait trop d’action», explique-t-il.

Christopher Eccleston, la neuvième incarnation du Doctor Who. - AP/SIPA
 

N’empêche, pour La Roue de glace, qui se déroule dans le futur aux abords d’une lune de Saturne, Stephen Baxter raconte avoir pu déployer un «style très visuel». Ce qui en fait un hommage divertissant à la série familiale de science-fiction. Le titre, lui, fait référence à La Roue dans l’espace, le 43e épisode de Doctor Who diffusé en six parties entre avril 1968 et juin 1968. Un épisode devenu mythique car introuvable dans son intégralité. Sur les six parties, quatre n’ont jamais été archivés par la BBC.