«Il était une fois l’Arctique»: Quatre images choc du pôle Nord avant liquidation totale

DOCUMENTAIRE Sur France 3, «Thalassa» propose vendredi soir un documentaire exceptionnel sur le pôle Nord...

Joel Metreau

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Sur la banquise dans Il était une fois l'Arctique. Lancer le diaporama
Sur la banquise dans Il était une fois l'Arctique. — VIA DECOUVERTES PRODUCTION
  • L'écrivain voyageur Christophe Cousin a passé deux ans à réaliser «Il était une fois l'Arctique»
  • Le documentaire déroule quatre histoires : Nénètses en transhumance, soldats canadiens en opération, Inuits en chasse et touristes en croisière vers le pôle Nord.
  • Les dégâts causés par le réchauffement climatique et l'exploitation des ressources vont au-delà de ce qu'il avait imaginé.

Un monde est en train de disparaître progressivement. Pendant deux ans, Christophe Cousin, 38 ans, passionné par les peuples nomades, a effectué des allers-retours vers le pôle Nord pour dresser le portrait d’une région inhospitalière, rattrapée par le réchauffement climatique. «Il était une fois l’Arctique», sur France 3 à 20h45, embarque les spectateurs dans «quatre histoires qui semblaient résonner en écho les unes avec les autres», pointe cet écrivain-voyageur, fils de paysan. Une aventure que résument quatre images fortes.

Christophe Cousin, réalisateur de Il était une fois l'Arctique. - VIA DECOUVERTES PRODUCTION
  • Des selfies devant la banquise qui s’effondre

Les 50 ans de la Victoire, c’est le nom d'un brise-glace russe, le plus gros au monde, à propulsion nucléaire. «En hiver, ce navire ouvre la voie pour les cargos et les porte-conteneurs, explique Christophe Cousin. L’été, il sert au tourisme, afin d’être rentable.» Le réalisateur s’est joint à 130 passagers chinois à destination du pôle Nord. «Le billet d’entrée coûte 25.000 euros, la plupart d’entre eux ont connu une réussite fulgurante», note le réalisateur. A bord, la croisière s’amuse, on leur promet un barbecue sur la banquise. En attendant, les touristes se photographient devant des pans de glace qui s’effondrent. «Un jour, on a heurté un iceberg dans la brume, se souvient Christophe Cousin, pas frontalement, mais de côté, il a endommagé le bastingage.»

  • Le drapeau canadien plusieurs mètres sous la glace

L’Arctique est une région d'un grand intérêt stratégique. Chaque année, l’armée canadienne y fait sa démonstration de force: «l’opération Nunalivut» mobilise 250 soldats, qu'a accompagnés Christophe Cousin. Le froid rend le tournage difficile. «A -30°C, les batteries des appareils montrent des signes de faiblesse, il faut les conserver près du corps pour éviter qu’elles se déchargent. A partir de -40°C, les cristaux liquides de l’écran peuvent geler, tout comme les câbles de liaison entre le micro et la caméra.»  Les conditions de vie sont éprouvantes: «Chaque matin, on appuie sur le nez de son coéquipier, pour vérifier que le sang y circule toujours, les extrémités sont les plus sujettes aux engelures.»

  • Le recueillement des Inuits sur la dépouille d’un phoque

Le Français Nicolas Dubreuil, auteur de Kullorsuaq: un village aux confins du Groenland, avait mis Christophe Cousin sur la piste. Le réalisateur s’est donc rendu dans ce lieu qui compte environ 400 habitants pour suivre un groupe d’Inuits qui pratique encore la chasse traditionnelle: phoques, baleine, ours ou narval… «C'est comme le cochon pour les Occidentaux, dans le phoque tout est bon», glisse un des chasseurs, après s'être recueilli sur l'animal abattu.

  • Des draps pour faire glisser des traîneaux sur le bitume

On peut castrer les rennes avec les dents, mais il faut une bonne mâchoire, rigole un Nénètse. Quatrième histoire racontée par Il était une fois l’Arctique, celle d’éleveurs de rennes en transhumance dans la péninsule de Yamal, en Sibérie. «Je tenais particulièrement à montrer la confrontation entre eux et Gazprom», explique le réalisateur. L’exploitation du pétrole, ressource très convoitée dans la région, grignote les terres herbeuses. Christophe Cousin: «Le fait qu’on soit français pouvait être problématique, on aurait pu être rapidement surveillés. On a donc contacté une société de production russe qui nous a obtenu les images.» Parmi celles-ci, cruelle, celle de draps blancs posés sur la route afin de permettre aux traîneaux de glisser sur le bitume…