Lourdement accusée par l’épouse d’un otage, BFM TV répond

TRAITEMENT MEDIATIQUE La chaîne est accusée d’avoir failli provoquer la mort d’otages supplémentaires. BFM TV réfute et rétorque…

Alice Coffin

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Capture d'écran
Capture d'écran — BFM

Profond malaise samedi soir sur l’antenne de BFM TV. Présente au rassemblement en hommage aux victimes  devant l’Hyper Casher, Porte de Vincennes et sollicitée par une des journalistes de la chaîne, l’épouse d’un rescapé de la tuerie s’en prend violemment à la chaîne d'information en continu. Elle accuse BFM TV d’avoir commis une énorme faute et d’avoir failli provoquer la mort de nombreuses supplémentaires. «Vous avez failli faire une grosse grosse erreur, BFM. Parce que vous étiez en direct avec les gens qui étaient dans la chambre froide. Ils vous ont dit qu'ils étaient six en bas, avec un bébé. Et deux minutes après, c'est passé sur BFM. Et le terroriste a regardé BFM. Heureusement qu'il n'a pas vu la bande, la bande qui passait en bas, sinon mon mari et les cinq autres étaient morts, parce qu'il descendait et il les mitraillait tous, parce qu'il était persuadé qu'il n'y avait plus personne en bas. Et BFM a marqué “5 personnes en bas plus un bébé”.». En studio, les présentateurs ne relèvent pas, se contentant d’un «L’émotion est palpable».

Le site Pure Medias a isolé la vidéo.

 

Démenti catégorique de BFM

Interrogé par Le Monde, Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM TV, a catégoriquement nié ces affirmations. « Nous sommes très surpris: nous n'avons, à BFM TV, jamais été en contact avec les gens retenus en otage dans la chambre froide. Nous étions au courant de leur existence, de source policière, mais nous n'avons pas été en contact avec eux.» «La dame dit aussi que nous avons écrit que des otages étaient cachés dans notre bandeau écrit en bas de l'écran. Or, nous n'avons, pendant l'opération, jamais écrit aucun bandeau mentionnant des gens cachés».

Plusieurs autres éléments de la couverture médiatique ont ces derniers jours été pointés du doigt. L’effervescence provoquée par l’intensité émotionnelle de l’actualité de ces derniers jours nécessitera un examen a posteriori des choix opérés par les médias. Le Conseil supérieur de l’audivisuel avait dès vendredi appelé télévisions et radios au «discernement» dans un communiqué.