Peut-on écouter Carla Bruni la conscience tranquille?

DOCUMENTAIRE D8 consacre sa deuxième partie de soirée à Carla Bruni jeudi, avec la diffusion d’un documentaire sur ses concerts new-yorkais, et la retransmission de sa prestation à l’Olympia…

Alice Coffin

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Carla Bruni dans Little French Songs in America
Carla Bruni dans Little French Songs in America — Michael Williams

D8 aime bien Carla Bruni. La chaîne du groupe Canal+ avait déjà consacré un reportage à la chanteuse et épouse de Nicolas Sarkozy tourné par une proche pendant la campagne présidentielle de 2012. Jeudi soir, Little French Songs in America est d’une teneur différente.

Les caméras suivent Carla Bruni dans sa tournée new yorkaise. Certes, l’ex Président est visible une ou deux fois en loge, mais le focus est fait sur le rapport de la chanteuse à la musique et à la scène. 20 Minutes a demandé à Bertrand Dicale, intervieweur de Bruni pour ce documentaire, et journaliste musical notamment à France Info, s’il était encore possible, pour le public, comme pour les journalistes, de considérer Carla Bruni comme une chanteuse. Il dit trois fois oui.

«Une artiste majeure de l’époque»

La première fois que Bertrand Dicale, alors journaliste au Figaro, a rencontré Carla Bruni, c’était «pour son premier album, des années avant sa rencontre avec Sarkozy». Il se rappelle des «a priori des journalistes. Avec Bruno Lesprit du Monde et Christophe Conte des Inrocks avant d’écouter l’album, on avait envie de dire à l’attachée de presse, mais lâche-nous avec ton mannequin. Et puis cela été le choc. Un vrai impact. Il faut considérer Carla Bruni comme une artiste majeure de l’époque ayant eu un impact énorme au début des années 2000».

Pas plus compliqué que pour Bertrand Cantat

Est-il possible pour les journalistes de faire fi dû côté Sarkozy de Carla Bruni? «Il y a des confrères qui ont un problème avec ses fréquentations. On pense ce qu’on veut de cet homme, mais il a été élu démocratiquement, elle n’a pas épousé Pablo Escobar. Il y a les mêmes interrogations pour Bertrand Cantat ou pour d’autres artistes quand on les interviewe. Même si, évidemment, ce n’est pas le même cas de conscience!».

La bonne cliente pour parler musique

Ce qui arrange peut être aussi le journaliste, c’est que «Carla Bruni est une très bonne cliente. Elle parle très bien de musique, de son rapport à la musique». Ceux qui veulent l’entendre parler d’autre chose dans le documentaire en seront pour leur frais. Ou presque. Car le film vaut aussi pour ces quelques petits regards spécial Carla, ou cette réplique au sujet de Nicolas Sarkozy avant qu’elle ne monte sur scène: «J’ai mis son parfum à l’intérieur de ma veste, comme ça à chaque fois que je bouge, je sens mon homme».