«Discréditée» dans «On n’est pas couché», Mireille Mathieu va toucher 5.000 euros de dommages et intérêts

JUSTICE La chanteuse Mireille Mathieu réclamait 100.000 euros pour diffamation à l’encontre de France Télévisions pour des propos tenus dans l’émission «On n’est pas couché»…

B.C. avec AFP

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Mireille Mathieu à l'Olympia le 24 octobre 2014.
Mireille Mathieu à l'Olympia le 24 octobre 2014. — BERTRAND GUAY / AFP

La justice a reconnu «une évidente malveillance à l'encontre de Mireille Mathieu, dans le but de la discréditer aux yeux du public, et ce au mépris de la vérité au moyen d'une dénaturation des faits qui ne saurait aucunement être légitimée par un droit à l'humour.» L’affaire date de 2012 quand, dans l’émission de France 2 On n’est pas couché, Laurent Ruquier et certains de ses chroniqueurs avaient moqué Mireille Mathieu. Et ce «avec la plus grande légèreté et une absence caractérisée de prudence dans l'expression» a regretté le tribunal chargé de l’affaire.

Mireille Mathieu a fait condamner France Télévisions et son PDG Rémy Pflimlin qui devront lui  verser 5.000 euros de dommages et intérêts et 4.000 euros pour les frais de justice. Mireille Mathieu demandait au total 100.000 euros de dommages et intérêts.

Les explications coupées au montage

A l'origine du procès, des réactions dans l'émission de France 2 à des déclarations de la chanteuse à la télévision russe au sujet de la condamnation des Pussy Riot à deux ans de camp de travail pour une «prière punk» contre le président russe Vladimir Poutine. Mireille Mathieu avait été raillée, sur la base de propos diffusés par la télévision russe, dans lesquels elle jugeait ces «jeunes filles un peu inconscientes» et qualifiait de «sacrilège» le fait d’avoir choisi la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou pour protester.

La chanteuse avait ensuite expliqué dans un communiqué que son interview avait été coupée au montage, ce qu'avait reconnu la télévision russe, et qu'elle avait aussi réclamé l'indulgence à l'égard des Pussy Riot en déclarant: «Mais étant femme, artiste et chrétienne, je souhaite la clémence.» Les propos tenus dans On n'est pas couché, le 8 septembre - émission enregistrée après la diffusion du communiqué - n'en ont pas tenu compte, dit la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris.