Guillaume de Tonquédec dans un camp naturiste en Guadeloupe, pour l'épisode 2 de la saison 7 de
Guillaume de Tonquédec dans un camp naturiste en Guadeloupe, pour l'épisode 2 de la saison 7 de — France2

INTERVIEW

Guillaume de Tonquédec: «Tourner "Fais pas ci, Fais pas ça" dans le village naturiste était délirant»

L’acteur incarne depuis 2007 l’inénarrable Renaud Lepic de la série «Fais pas ci, Fais pas ça», qui reprend ce mercredi à 20h45 sur France 2…

Accrochez-vous: rien qu'en deux épisodes, les premiers de cette saison 7 diffusés ce mercredi, Renaud Lepic va s'initier au gangsta rap et au naturisme. Le personnage aussi hilarant que touchant du père ringard et «tradi» est incarné depuis 2007 par Guillaume de Tonquédec. 20 Minutes l'a rencontré dans sa loge du théâtre Edouard VII où il joue en ce moment Un dîner d'adieu avec Audrey Fleurot et Eric Elmosnino, quelques années après en avoir occupé la scène pour son personnage de Claude dans Le Prénom, pour lequel il a décroché un César en 2013. 

Que donne cette saison 7, de votre point de vue?

Je me suis demandé au départ si on aurait encore des choses à raconter… Et Guillaume Renouil, le producteur, a répondu en proposant une nouvelle formule, avec pour la première fois des auteurs réalisateurs, Michel Leclerc [le réalisateur du Nom de Gens] et Cathy Verney [réalisatrice de la série Hard pour Canal+] qui ont vraiment apporté leur personnalité et leur univers, c’est un peu «Fais pas ci vu par», tout en respectant l’esprit de la série. C’était très, très intéressant pour nous.

Vous êtes impliqués très en amont auprès des auteurs. Pensez-vous à quelque chose que vous apportez à votre personnage?

J’avais dit à Anne Giafferi que j’aimerais bien que ma femme ait un surnom. Et elle a trouvé le fameux «bijou», c’est quand même énorme.

Le tournage en Guadeloupe a dû être assez mémorable…

Honnêtement, c’était délirant. Ça a été un des moments les plus drôles de presque toutes les saisons confondues. Cathy nous a embarqués à un rythme d’enfer, on a beaucoup travaillé mais surtout c’est très bien écrit: ce n’est pas qu’un changement de décor, c’est un voyage initiatique pour chacun des personnages. Renaud retrouve un de ses copains d’adolescence sous les yeux de sa fille, le fils Bouley lui demande des conseils sur sa première fois, Renaud et Isabelle vont se dire leurs quatre vérités… Il y a beaucoup de choses drôles et émouvantes. Ça donne un épisode assez dingue je trouve.

Comment évoluent les relations entre vous après toutes ces années?

Dès que l’un ou l’autre joue au théâtre, on va se voir, on se voit en dehors. Il y a un truc qui nous unit à vie. On a connu les enfants petits, et aujourd’hui ils veulent faire ce métier, ils prennent des cours, ils sont très motivés. C’est très émouvant pour nous.

Vos enfants remercient le ciel que vous soyez moins rigide que Renaud Lepic?

Ah ça, il faut leur demander! Mais ce qu’on a en commun avec ces personnages, c’est qu’on essaie de faire au mieux mais que de toute façon ce sera toujours mal. L’important c’est de donner de l’amour et quelques repères, sinon c’est une science inexacte l’éducation.

Qu’est-ce qui vous sépare diamétralement de Renaud Lepic?

Sa passion pour les robinets!

Comment faire évoluer votre personnage quand le ressort comique reste le même, celui d’être un peu ringard?

Pour moi ce n’est pas tant le fait qu’il soit ringard, mais qu’il ait des principes, donc dès qu’il y a un grain de sable, c’est une source de comédie et c’est de l’or en barre. A jouer, c’est un pied pas possible. Mais s’il était seulement rigide, et con du coup, ça resterait un imbécile, et le personnage n’aurait pas duré très longtemps.

«Fais pas ci, Fais pas ça» et votre César pour «Le Prénom» vous ouvrent les portes du cinéma, avec par exemple «SMS» ou bientôt «Les nuits d’été»

J’y joue un notaire qui se transforme en femme à l’insu de la sienne, et c’est un très beau film qui pour le coup n’a rien à voir. Je joue quand même un notable mais la folie intérieure du personnage va beaucoup plus loin que dans la série.

On vous a trop longtemps proposé les mêmes rôles?

On va continuer à me les proposer et ça me va très bien, parce qu’on ne se refait pas. Mais je pense qu’on va me proposer des personnages de plus en plus tordus, si j’en crois la direction que prennent les choses. Et ça m’intéresse. Sinon ça n’a pas d’intérêt. On dit beaucoup que les peintres font le même tableau toute leur vie et ce n’est peut-être pas totalement faux pour les auteurs, mais si on peut décliner cette image... Je pense que chacun est beaucoup plus complexe qu’on ne veut bien le montrer, et c’est le travail de l’acteur de montrer ça.

Vous serez partants pour la saison 8?

Elle est en cours d’écriture! Avec les producteurs on se dit que le thème, l’éducation et les rapports parents-enfants, va s’épuiser puisque les enfants commencent à quitter le nid. On va étudier le fait d’être grands-parents mais quand le sujet s’arrêtera, on a en tout cas tous envie de proposer une vraie fin au public.

Oh non... Vous allez nous faire pleurer comme dans «Six Feet Under»?

Ils ont d’autres idées super que je ne peux pas révéler parce qu’elles ne sont pas abouties. Mais de toute façon il n’est pas question pour le moment d’arrêter.