Séries, émissions et podcasteurs: Les nouveaux piliers de Canal+

TELEVISION Canal+ fête ses trente ans et compte sur de nouveaux atouts pour séduire ses abonnés…

Benjamin Chapon

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Yann Barthès dans une édition spéciale 1984 du Petit Journal pour fêter les 30 ans de Canal+
Yann Barthès dans une édition spéciale 1984 du Petit Journal pour fêter les 30 ans de Canal+ — Jeff Lanet

Comme tout trentenaire, Canal+ n’a plus les mêmes atouts de charme qu’à ses débuts. Il y a trente ans tout juste la première chaîne à péage française était lancée autour de trois arguments: du foot, du cinéma et de l’impertinence. Et un bonus: des films pornos.

Il y a encore quelques années, le cinéma français était canal-dépendant. Si le poids de Canal+ est encore prépondérant – le groupe contribuerait à hauteur d’un cinquième des dépenses de production globale - TF1 et M6, entre autres, co-produisent désormais de nombreux films.

Moins de cinéma mais plus de séries

La politique de diffusion de films a également changé avec des multidiffusions sur ses différents canaux. Parmi les historiques de la chaîne, Alain de Greef lui-même s’est dit déçu que le Canal d’aujourd’hui ne respecte pas l’engagement du Canal Historique «d’un nouveau film par jour».

En revanche, Canal+ est à l’initiative de plusieurs séries  françaises innovantes. On cite, encore et toujours, les succès critiques d’Engrenages et Les revenants. Il y a quelques années, la série Carlos en quatre longs épisodes, avait également créé l’événement. Face à l’arrivée de Netflix et HBO (vio OCS) en France, Canal+ devra passer la vitesse supérieure en matière de production de séries à succès, selon les analystes. Le succès d’estime ne suffira pas.

Moins de foot mais des formats d’émissions innovants

La place de Canal+ dans le monde du foot a suivi une évolution similaire. Longtemps incontournable par le poids de son investissement, Canal+ est désormais concurrencé par les chaînes beIN qui lui disputent les droits de retransmission des matchs. La chaîne a partiellement abdiqué face à la puissance financière de sa concurrente et entend désormais miser sur les magazines liés au foot.  Karim Nedjari, directeur des rédactions sport de Canal+, expliquait à 20 Minutes vouloir «être fort en images, en humeur et en humour. L'animation pure, c'est terminé. Nous devons être journalistiquement à la hauteur des événements que l'on diffuse.»

Le rendez-vous du Canal Football Club est devenu presqu’aussi important que la diffusion du match qui suit là où beIN, avec ses différents canaux, peut se permettre d’être quasi exhaustif sur les championnats européens. A l’instar du foot, les récentes émissions de société développées par Canal+, comme Le Tube ou Le Supplément, sont assez unanimement applaudies. Après s’être longtemps reposé sur Nulle part ailleurs, Canal+ mise de plus en plus sur ses émissions.

Le ton Canal en podcast

Le meilleur exemple en est Le Petit Journal dont le numéro «comme en 1984» de mardi soir est très attendu. Le show d’actualités concocté quotidiennement par Yann Barthès est le symbole du nouveau «ton Canal».

Sans enterrer trop vite les Guignols et la bande à Groland, certains anciens, comme Philippe Gildas, Pierre Lescure ou Philippe Dana, ont déploré la perte du fameux (ou fumeux) esprit Canal. Pourtant, le récent rachat par Canal+ du studio Bagel, collectif de podcasteurs, et le recours fréquent à la nouvelle génération de comiques détectés sur YouTube montrent que la chaîne n’a pas déserté le terrain de l’humour.